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Les Birmans appelés aux urnes malgré le cyclone

Le référendum constitutionnel, qui doit ouvrir la voie à des élections multipartites en 2010 selon la junte birmane, aura bien lieu samedi, en dépit du cyclone meurtrier qui a ravagé plusieurs régions du sud du pays. (Récit : J. Knock)

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La junte birmane a maintenu l’organisation du référendum constitutionnel, prévu samedi 10 mai, en dépit des dégâts causés par le  puissant cyclone qui a fait au moins 351 morts et sinistré plusieurs régions du sud du pays.


Le quotidien officiel New Light of Myanmar a confirmé,  lundi, la tenue du scrutin, le premier depuis 18 ans, à cette date. Le maintien de la consultation a suscité l’ire des Birmans. Un sinistré ne cachait pas, lundi matin, sa fureur. "On a à peine de quoi manger et on veut nous envoyer aux urnes !", a-t-il dit par téléphone à Cyril Payen, le correspondant de France 24 à Bangkok.


Notre correspondant qualifie d’ailleurs de "surréaliste" la décision des militaires de maintenir le référendum alors que "la moitié du pays est totalement coupée du monde".


Un vote obligatoire par foyer

   
La junte aurait mis en garde les Birmans contre toute abstention.  Selon notre correspondant, les militaires auraient "prévenu qu’il doit y avoir un vote par foyer", faute de quoi le chef de famille serait passible de six mois de prison.


D’une rare violence – les vents soufflaient entre 190 et 240 kms/heure –, la tempête a frappé dès vendredi soir la côte sud-ouest avant de s’étendre vers l’est. Les dégâts les plus importants ont été enregistrés sur la bande côtière l’Irrawaddy. Rangoon, la plus grande ville du pays, n’a pas été épargnée. La force des vents a provoqué des dégâts majeurs et contraint les autorités à fermer l’aéroport international au trafic aérien.


Des organisations internationales ont commencé à se mobiliser pour venir en aide aux survivants. Selon le correspondant de France 24, une discussion aurait lieu au sein de la junte sur les formes de leur intervention humanitaire.

 
Un référendum antidémocratique selon l'opposition


La consultation électorale intervient sept mois après les manifestations de protestation dirigées par les moines bouddhistes. Le mouvement a été réprimé dans le sang. Le référendum est destiné à doter le pays – sous contrôle des militaires depuis 1962 – d’une nouvelle loi fondamentale.


Officiellement, la nouvelle consultation doit ouvrir la voie à des élections multipartites en 2010, avec comme perspective un transfert progressif du pouvoir aux civils. Habituée aux manœuvres de la junte, l’opposition a appelé les Birmans à rejeter un texte conçu pour verrouiller la scène politique.  


Pour preuve, argue-t-elle, un quart des sièges dans chacune des deux Chambres du futur Parlement seront occupés par des militaires désignés par le commandement de l’armée. De plus, trois ministères régaliens – Intérieur, Défense et Affaires frontalières – seront dirigés par des hommes en uniforme.


Autre illustration du caractère antidémocratique du référendum : le projet soumis à consultation exclut irrémédiablement la chef de file de l’opposition de toute possibilité de présider aux destinées du pays. La junte y a intégré une clause interdisant à Mme Aung San Suu Kyi, 62 ans, lauréate du prix Nobel de la paix, de nourrir une telle ambition. Motif cynique avancé par les militaires constitutionnalistes : l’opposante a été mariée à un étranger, le britannique Michael Aris, mort d’un cancer en 1999.         
 

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