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MALI

Le Mali file un bon coton biologique

4 min

Pour dynamiser une filière qui fait vivre plusieurs millions de Maliens, le gouvernement mise sur le coton biologique, plus cher, mais à la mode. La production devrait atteindre 3 000 tonnes en 2008. (Reportage : F.-X. Freland)

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Face à la crise mondiale qui secoue le secteur coton, le Mali, l'un des premiers producteurs africains, est en train de se spécialiser dans la filière coton bio. Le monde du textile se tourne de plus en plus vers cette filière considérée plus "équitable" (prix juste) et respectueuse de l'environnement. Mais le coton bio reste une denrée rare, et le Mali l'un des rares pays du monde à répondre à une demande en forte hausse.

Dans la salle de conférence de la localité de Bougouni, au Sud du Mali, on débat sur la prochaine récolte, des objectifs de la campagne 2008-2009. Dans la salle comblée, des cultivateurs maliens prennent méticuleusement des notes en écoutant les intervenants. Ils se sont tous mis au coton biologique. On discute, on échange les expériences et on s'organise aussi face à l'offensive des OGM dans la filière coton au Mali.

"Nous voulons aujourd'hui à travers l'agriculture biologique que les hommes, les producteurs puissent se sentir libres dans leur production," explique Sidi El Moctar Nguiro, directeur technique du mouvement biologique malien Mobiom. "Qu'ils ne soient pas attachés, qu'ils ne soient pas liés à une firme ou à une multinationale extérieure ou même intérieure du pays qui puisse contrôler leur système de production, qui puisse les limiter dans leur façon de faire".

Lancée en 2002 à l'initiative de l'organisation internationale Helvetas, avec le feu vert de l'Etat malien, la production de coton biologique a connu un développement encourageant. De 50 tonnes au départ, à 700 tonnes cette année, on en prévoit 3 000 pour 2008.

Le principe est simple, produire un coton sans engrais ni pesticides chimiques, dans un meilleur respect de l'environnement et le vendre à un prix équitable, plus cher que le coton conventionnel pour permettre aux cultivateurs d'en vivre dignement.

Selon Abou Diallo, producteur de coton bio qui cultivait autrefois le coton conventionnel, c'est parce que l'achat des pesticides et des engrais commençaient à lui revenir cher qu'il s'est lancé dans la culture de coton bio, aux engrais naturels. Il a investi l'argent qu'il dépensait avant en produits chimiques pour développer sa production de coton sans crainte de s'endetter.

Dans un pays, le Mali, où la principale entreprise publique de textile CMDT (Compagnie malienne pour le développement des textiles) a subi de plein fouet la crise de la filière, le coton biologique est peut-être la solution pour redynamiser un secteur qui fait vivre des millions d'hommes et de femmes.

Pour Sékou Amadou Thiéro, chef de la division commerce équitable à la CMDT, le producteur de coton conventionnel est endetté à cause du coût des intrants qui ne cesse d'augmenter, mais aussi parce que le prix du coton (trop bas) n'est pas incitatif pour le producteur de coton conventionnel. "C'est pourquoi en tenant compte de tous ces facteurs, le producteur est tenté maintenant soit d'abandonner la production de coton soit de trouver une autre alternative en matière de production de coton biologique équitable".

Si le coton biologique est plus cher que le coton conventionnel - 300 francs CFA le kilo au lieu de 150 - il intéresse de plus en plus les grandes enseignes de la mode occidentale. La plupart s'arrache un produit biologique respectueux de l'environnement, malheureusement encore trop rare sur le marché, un produit tendance.

"Je pense que ça sera beaucoup plus qu'une mode", estime Franck Merceron, chargé promotion des filières et environnement Helvetas, "car avec les problèmes environnementaux et tous les enjeux autour du réchauffement climatique, je crains malheureusement que ça ne soit pas qu'une mode."

Au Mali, une loi sur l'introduction des OGM est sur le point d'être votée, une perspective qui inquiète les cultivateurs de coton bio face à la pression des multinationales et un risque de contamination des cultures  par le pollen transgénique.

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