Accéder au contenu principal

Plus de 22 000 morts et 41 000 disparus en Birmanie

Les autorités birmanes ont revu le bilan du passage du cyclone Nargis à la hausse mardi, annonçant 22 000 morts et 41 000 disparus. Les moines bouddhistes ont commencé à aider les sinistrés. (Récit : J. Walsh)

Publicité

Retrouvez la revue de presse internationale de FRANCE 24 du mardi 7 mai

 

 

Le cyclone Nargis, qui a frappé le sud de la Birmanie vendredi et samedi, a fait plus de 22 000 morts et 41 000 disparus, selon le dernier bilan officiel diffusé mardi, par les médias gouvernementaux du pays. Des représentants des Nations unies ont également évoqué des centaines de milliers de sans-abri.

 

Selon des témoins présents sur place, les moines bouddhistes ont commencé à aider les sinistrés. Selon Rémi Favre, correspondant de FRANCE 24 à Rangoun, la principale ville du pays, "les bonzes ont ouvert les puits de leurs monastères à la population" privée d'eau potable.

 

"Les moines travaillent étroitement avec les gens", a confirmé à FRANCE 24 Tun Myint Aung, un leader étudiant qui vit caché depuis la répression du mouvement de révolte de septembre dernier. Le gouvernement militaire avait alors écrasé un soulèvement auquel participaient de nombreux bonzes. Selon lui, les forces de sécurité ne participent pas aux secours.

"J’ai vu des milliers de gens qui dormaient sur la route, car ils n’avaient plus de maison. J’ai eu de la chance, mais j’ai couru de nuit et j’ai perdu tout ce que j’ai. J’ai vu beaucoup de corps écrasés sous des arbres, il y en avait trop pour les compter. J’ai senti l’odeur des morts sur tout le trajet", témoigne une femme qui vient du Delta d’Irrawaddy et a échappé au typhon.

 

Les deux tiers des victimes recensées pour l'instant se trouvaient dans la seule ville de Bogalay. "On y compte 10 000 victimes, c'est presque la totalité de la population de cette grosse bourgade située à une centaine de kilomètres de Rangoun, au cœur du delta de l'Irrawaddy", explique Cyril Payen, correspondant de FRANCE 24 à Bangkok, capitale de la Thaïlande voisine.

 

"On peut voir un peu partout dans Rangoun des poteaux électriques par terre, des bâtiments détruits ou endommagés et des gens qui font la queue avec des jerricans pour tenter de se procurer de l’eau", explique Félix Léger, chef de mission de l'ONG française Action contre la faim (ACF) en Birmanie. Il ajoute que le prix de  l’eau potable a augmenté de 500% en trois jours.

 

Face au désastre, le régime birman a dû entrouvrir la porte à l'aide internationale. Etablie en 1962, la dictature militaire ne laissait jusque-là les humanitaires entrer qu'au compte-gouttes dans l'un des pays les plus pauvres du monde. Elle avait refusé l'aide internationale lors du tsunami de fin 2004. Cependant, les frontières du pays restent fermées aux journalistes.

 

Après quatre jours de négociations, les autorités commencent tout juste à octroyer des visas aux agences des Nations unies et aux ONG prêtes à intervenir.

"Les routes sont coupées"

L'association chrétienne World Vision affirme avoir reçu l'autorisation d'envoyer 600 personnes en Birmanie, une décision qu'elle décrit comme "sans précédent". Le travail des humanitaires reste toutefois encadré par la junte, qui contrôle les mouvements des étrangers. Pour Cyril Payen, il s'agit d'un "feu vert conditionné".

Interrogé sur la question de la délivrance de visas aux humanitaires, le Directeur du bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires, Rachid Khalikov a botté en touche ce mardi. Il s’est montré "très prudent et embarrassé" lors de sa conférence de presse, note Jean Bernard Cadier, spécialiste politique internationale de FRANCE 24. "Les portes sont toujours fermées alors que les équipes d’aides sont prêtes et que les besoins dans le pays sont énormes".

Selon Kyi Minn, un conseiller de l'ONG  World Vision dont des équipes ont survolé la zone dévastée, "les conséquences de la catastrophe pourraient être pires que celles du tsunami car elles sont aggravées par le manque de moyens disponibles et de transport".

La femme du président des Etats-Unis, Laura Bush a quant à elle accusé lundi les autorités militaires de n'avoir pas prévenu la population du danger à l'approche du cyclone "alors qu'ils étaient au courant de la menace".

 

Le quotidien gouvernemental New Light of Myanmar de vendredi faisait état de l'approche d'un cyclone en page 13 et encourageait la population à "prendre des mesures de précaution".

 

Le référendum reporté dans les régions les plus touchées

Le gouvernement birman a annoncé que le référendum constitutionnel, prévu le 10 mai, serait reporté uniquement dans les régions touchées par le cyclone. Le parti d'Aung San Suu Kyi, la Ligue nationale pour la démocratie (NLD), juge inacceptable que Rangoun n’annule pas le référendum et accuse les autorités de ne rien faire pour aider la population.

 

Selon une source de FRANCE 24 en Birmanie qui requiert l'anonymat pour des raisons de sécurité, les autorités ont annoncé à la radio que seules les personnes soutenant le projet constitutionnel lors du référendum auraient droit à une aide après le passage du cyclone.

 

Gauthier Rybinski, spécialiste politique internationale à FRANCE 24, explique qu'"il va y avoir une sorte de donnant-donnant entre les autorités birmanes et les votants", parlant de "récupération par la junte d'un phénomène cataclysmique".

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.