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Un avion de l'ONU autorisé à livrer de l'aide en Birmanie

La junte birmane donne son feu vert à un avion de l'ONU transportant de l'aide humanitaire et une petite équipe pour secourir les victimes du cyclone Nargis. L'Onu dénombre un million de sans-abri. (Correspondance à Bangkok : C. Payen)

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Les autorités birmanes ont autorisé un avion transportant 35 tonnes de matériel humanitaire et une équipe du bureau de l'ONU à pénétrer sur le territoire afin de venir en aide aux victimes du cyclone Nargis. L'appareil devrait quitter Brindisi, en Italie, mais le lieu d'atterrissage n'a pas encore été précisé.

La communauté internationale et l’opposition birmane continuent de mettre la pression sur le pouvoir militaire birman afin de laisser les organisations humanitaires entrer dans le pays sans contraintes, alors que les conséquences du cyclone Nargis prennent des allures de catastrophe.

 

D’une force rare – des vents soufflant à plus de 200 km à l’heure –, Nargis a fait plus de 22 000 morts et 41 000 disparus, selon un dernier bilan officiel provisoire. L’organisation humanitaire non gouvernementale "Save the children" estime à des "millions" la proportion des sans-abri.
 

Les "ONG" humanitaires s’attendent à une aggravation des bilans au fur et à mesure de l’accès des équipes de secours aux zones isolées. La Fédération internationale de la Croix-Rouge a lancé un appel d’urgence de 4 millions d’euros. Cette enveloppe est destinée à financer l’achat de fournitures de secours.       
 

"La junte freîne des quatre fers"
 

Les capitales occidentales pointent du doigt la junte au pouvoir, accusée d’entraver l’acheminement des secours vers les zones sinistrées. "La junte bloque des quatre fers" sur cette question, confirme Cyril Payen, le correspondant de FRANCE 24 à Bangkok, la capitale de la Thaïlande voisine.

 

Principale préoccupation des organisations humanitaires : l’entrée des vivres, du matériel de secours et des équipes spécialisées. Selon Cyril Payen, la "poignée" de missions à pied d’œuvre en Birmanie manque cruellement de matériels et de spécialistes.

De nombreux humanitaires sont toujours en attente de visas pour pouvoir pénétrer sur le territoire birman. Le chef de la mission de Médecins sans frontières en Birmanie a indiqué à FRANCE 24 que les visas qu'ils ont demandés ne devraient pas leur être accordés avant lundi prochain.

Faute de visas, les humanitaires familiers à ce genre de catastrophes se font attendre dans les zones ravagées. "C’est le grand problème", insiste le correspondant de FRANCE 24.

Pressions internationales

Mercredi, le chef de la diplomatie française, Bernard Kouchner, a pressé le le Conseil de sécurité des Nations unies d'adopter une résolution qui imposerait à Rangoun de laisser passer l'aide internationale destinée aux victimes.

 

La Maison Blanche a haussé le ton contre les autorités militaires, leur demandant, sans ménagement, de "laisser les Etats-Unis vous aider". Première à annoncer le déblocage d’une aide d’urgence de deux millions d’euros, l’Union européenne a adopté un ton similaire. Bruxelles a appelé les autorités à "faire tous les efforts possibles pour coopérer" avec les organisations humanitaires.

L’Australie et la Nouvelle-Zélande se sont jointes aux pressions internationales, en appelant la Birmanie à s’ouvrir à l’aide internationale. "Nous espérons que le régime permettra aux agences indépendantes de faire leur travail d’évaluation", a déclaré le chef de la diplomatie australienne Stephen Smith.

Bernard Cadier, spécialiste de politique internationale à FRANCE 24 , estime que les diplomates devraient désormais se tourner vers Pékin : "La Chine est à la fois un membre du conseil de sécurité de l'Onu et le plus proche allié du régime birman."
 

"Ne versez pas l'aide en argent aux militaires"

Officiellement, la junte militaire birmane se déclare favorable à l’entrée des missions humanitaires, non sans émettre des conditions. Mardi, le ministre des Affaires sociales,  Maung Maung Swe, a assuré que l’aide internationale serait accueillie favorablement. Cité par l’AFP, il n’a pas, toutefois, caché que les équipes de secours devraient négocier avec le régime leur entrée sur le territoire.

L’opposition birmane a mis en garde contre tout détournement de l’aide par la junte, en plaidant pour son acheminement direct aux sinistrés. Le Premier ministre du gouvernement birman en exil, Sein Win, a demandé aux gouvernements et aux ONG "de ne pas verser l’aide en argent aux militaires".

Dans un appel sur le ton du SOS, l’opposant birman a insisté pour que les donations et les organisations d’aide "puissent entrer [dans le pays] et atteindre les gens qui en ont besoin". 

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