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80 000 morts dans la localité birmane de Labutta

Les autorités de Labutta chiffrent à 80 000 morts le bilan des victimes pour cette seule localité, après le passage du cyclone Nargis en Birmanie. Une diplomate américaine évoque le chiffre de 100 000 morts. (Récit : C. Casali)

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Selon les autorités militaires, le cyclone Nargis a fait à ce jour environ 80 000 victimes dans la seule localité de Labutta, situé au coeur du delta de l'Irrawady, dans le sud-ouest de la Birmanie. La région a été frappée de plein fouet par le cyclone le week-end dernier. Des dizaines de villages voisins de Labutta auraient été balayés.
 

La chargée d'affaires américaine en Birmanie, Shari Villarosa, a expliqué lors d'une conférence téléphonique qu'il "pourrait bien y avoir plus de 100 000 morts dans la région du delta", citant sans la nommer précisément une ONG.

Une source proche de la Ligue nationale pour la démocratie, le parti de l’opposante birmane Aung San Suu Kyi, avançait des chiffres similaires lors d’un contact avec FRANCE 24 mardi.

Après le passage du cyclone Nargis qui a dévasté le sud de Birmanie le week-end dernier, le pays, l'un des plus fermés au monde, a accepté le principe d'une aide internationale. Les étrangers doivent cependant négocier avec les autorités pour pouvoir obtenir des visas.

"Cela paraît surréaliste quand on voit le bilan qui s’alourdit d’heure en heure", estime Cyril Payen, le correspondant de FRANCE 24 à Bangkok, la capitale de la Thaïlande voisine.

Le dernier bilan officiel fait état de 22 000 morts et 41 000 disparus. Selon l’ONG Save the children, il y aurait "des millions" de sans-abri.

Les organisations humanitaires, qui s’attendent à une aggravation des bilans au fur et à mesure de l’accès des équipes de secours aux zones isolées, craignent des épidémies. La Fédération internationale de la Croix-Rouge a lancé un appel d’urgence afin de collecter quatre millions d’euros.

Rémi Favre, journaliste pour RFI présent dans la capitale, rapporte que les distributions d’eau potable sont encore trop rares. Selon lui, "à Rangoun, les Birmans n’hésitent plus à critiquer les autorités qui, d’après eux, n’apportent pas une aide suffisante". 

"La junte freine des quatre fers"

Les capitales occidentales pointent du doigt la junte, accusée d’entraver l’acheminement des secours vers les zones sinistrées.

Principale préoccupation des organisations humanitaires : l’entrée des vivres, du matériel de secours et des équipes spécialisées. Selon Cyril Payen, la "poignée" de missions à pied d’œuvre en Birmanie manque cruellement de matériels et de spécialistes.

La junte birmane a autorisé mercredi un avion transportant 35 tonnes de matériel humanitaire et une équipe du bureau de l'Onu à pénétrer sur le territoire mais l'appareil ne pourra pas quitter l’Italie avant la fin de la semaine.

Le Haut commissariat de l’Onu pour les réfugiés (HCR) a indiqué, quant à lui, que des camions contenant 22 tonnes d’aide d’urgence étaient bloqués en Thaïlande, à la frontière avec la Birmanie, en attente d’une autorisation.

Les équipes de Médecins sans frontières présentes avant le cyclone ont pu commencer à porter assistance mais le chef de la mission de l’organisation en Birmanie a indiqué à FRANCE 24 que les visas qu'ils ont demandés ne devraient pas leur être accordés avant lundi prochain.

Pressions internationales

Le secrétaire général de l’Onu, Ban Ki-moon, a appelé mercredi les autorités birmanes à faciliter l’arrivée des travailleurs humanitaires et l’entrée des matériels de première urgence.

La veille, le président américain George Bush a haussé le ton contre les autorités militaires, les exhortant à  "laisser les Etats-Unis vous aider". Première à annoncer le déblocage d’une aide d’urgence de deux millions d’euros, l’Union européenne a adopté un ton similaire.

Bernard Cadier, spécialiste de politique internationale à FRANCE 24 , estime que les diplomates devraient désormais se tourner vers Pékin : "La Chine est à la fois un membre du Conseil de sécurité de l’Onu et le plus proche allié du régime birman."

"Ne versez pas l'aide en argent aux militaires"

De son côté, l’opposition birmane a mis en garde contre tout détournement de l’aide par la junte, en plaidant pour son acheminement direct aux sinistrés. Le Premier ministre du gouvernement birman en exil, Sein Win, a demandé aux gouvernements et aux ONG "de ne pas verser l’aide en argent aux militaires".

Dans un appel sur le ton du SOS, l’opposant birman a insisté pour que les donations et les organisations d’aide "puissent entrer [dans le pays] et atteindre les gens qui en ont besoin".

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