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L'aéroport de Beyrouth fermé pour cause de tensions

Le Hezbollah poursuit son mouvement de protestations à Beyrouth. De nombreuses routes de la capitale sont bloquées et des fusillades ont éclaté. L'aéroport international de Beyrouth a été fermé. Précisions de J.M. Quéméner.

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L'opposition menée par le Hezbollah chiite poursuivait jeudi son mouvement de protestation contre le gouvernement, bloquant des rues de la capitale et entraînant la fermeture de l'aéroport international, une escalade dans la crise déjà aiguë que connaît le Liban.

Le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, devait tenir une vidéo conférence de presse dans l'après-midi pour répondre aux mesures annoncées mardi par le gouvernement à l'encontre de la formation chiite.

L'armée et la police anti-émeutes ont elles installé des points de contrôle à travers la capitale, bloquant plusieurs routes alors que de nombreux commerces et écoles de Beyrouth étaient fermés pour le deuxième jour d'affilée.

Des hommes armés, certains cagoulés ou le visage masqué, étaient visibles dans plusieurs quartiers de Beyrouth.

En matinée, des protestataires ont à nouveau brûlé des pneus et incendié des bennes à ordure sur la route de l'aéroport, bloquée à l'aide de monticules de terre dressés par des partisans du Hezbollah mercredi, quand la grève générale a dégénéré en violences.

L'aéroport international de Beyrouth était fermé jeudi matin et aucun vol n'était prévu avant au moins 16h00 locales (13H00 GMT), selon une source aéroportuaire.

"Tous les vols entre minuit et 16H00 ont été annulés", a déclaré à l'AFP un responsable de l'aéroport, sous couvert d'anonymat. "Les personnels ne sont pas venus aujourd'hui. Il n'y a personne", a dit cette source, qui avait auparavant fait état d'une fermeture jusqu'à "au moins midi".

Dans la plaine de la Békaa (est), trois femmes ont été blessées jeudi matin par des tirs lors d'accrochages opposant des partisans du gouvernement à des sympathisants de l'opposition à Saadnayel, près de la ville de Chtaura, a indiqué à l'AFP une source au sein des services de sécurité.

Dans la même région, des partisans du gouvernement ont bloqué la route menant de Chtaura à Baalbeck, fief du Hezbollah.

Plusieurs dizaines de sympathisants du gouvernement ont également bloqué l'axe principale de la Békaa menant à la frontière syrienne, à l'aide de pneus incendiés et d'obstacles dressés sur la route, selon un journaliste de l'AFP.

D'après lui, cette route a été barrée dans la nuit à 50 mètres du poste frontière de Masnaa, obligeant les voyageurs à emprunter d'autres routes.

Mercredi, le mouvement de grève générale, sur des revendications salariales, avait dégénéré en heurts entre partisans de la majorité au pouvoir et ceux de l'opposition, emmenée par le Hezbollah.

La grève générale avait à l'origine été organisée à l'appel de la Confédération générale des travailleurs au Liban (CGTL), la principale organisation syndicale du pays, pour réclamer du gouvernement une hausse du salaire minimum, inchangé depuis 1996.

Elle a été maintenue en dépit d'une décision mardi du gouvernement de relever de 130 dollars dollars le salaire minimum, à 330 USD (550.000 livres libanaises), la CGTL ayant jugé cette mesure insuffisante.

Mercredi, un responsable de l'opposition a affirmé à l'AFP que la grève allait se poursuivre et se transformer en "désobéissance civile" jusqu'à ce que le gouvernement revienne sur ces dernières décisions touchant notamment au Hezbollah.

Le responsable se référait aux décisions prises mardi par le gouvernement libanais d'enquêter sur un réseau de télécommunications qu'il accuse le Hezbollah d'avoir installé à travers le pays, et de limoger le chef de la sécurité de l'aéroport international de Beyrouth présenté comme un proche du mouvement chiite.

Le Liban traverse sa plus grave crise politique depuis la fin de la guerre civile en 1990, et se trouve sans chef d'Etat depuis le 24 novembre, les deux parties ne parvenant pas à se mettre d'accord sur un partage du pouvoir.
  

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