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Un premier avion de l'ONU atterrit en Birmanie

Six jours après le passage du cyclone Nargis qui a provoqué la mort de plusieurs dizaines de milliers de personnes, le premier avion d'aide de l'ONU a atterri à Rangoun. (Récit : M. Gaudin)

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Un porte-parole du Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations unies à Bangkok annonce que le premier avion d'aide de l'ONU a atterri en Birmanie. Un deuxième appareil du PAM, en provenance de la même ville, pourrait suivre.

De l'aide affrétée par l'ONU était déjà arrivée en Birmanie, mais pas à bord d'un avion spécial des Nations unies.

Mercredi soir, un bilan officiel encore provisoire du passage du cyclone faisait état de 22 980 morts et 42 119 disparus. Mais d'autres chiffres bien plus lourds circulaient, les Américains évoquant un bilan susceptible de dépasser les 100 000 morts.

Dans la seule localité de Labutta et les 63 villages voisins, situés au cœur du delta méridionnal de l'Irrawaddy, environ 80 000 personnes seraient décédées, a affirmé Tin Win, chef de l'un des arrondissements de Labutta.

Mercredi, les Etats-Unis annonçaient qu'un avion militaire allait partir en Birmanie pour venir en aide aux sinistrés, mais le vol a finalement été annulé.
    

De leur côté, les voisins de la Birmanie ont mis en garde contre les conséquences désastreuses de la fermeture du pays. "J’espère que nous allons avoir une ouverture avant qu’il ne soit trop tard", a réagi, en leur nom, le secrétaire de l’Association des nations d’Asie du Sud-Est (ASEAN), Surin Pitsuwan.

Cette organisation régionale, dont fait partie la Birmanie, a déclaré agir auprès de la junte pour "faire passer le sens de l’urgence et la vague d’initiatives de bonne volonté" offertes par la communauté internationale.
 

Des besoins colossaux
 

Quelque 5 000 km² de terres sont submergées, alors qu’un million de personnes au moins a besoin d’une aide d’urgence, selon un porte-parole des Nations unies.
 

Les organisations humanitaires, qui s’attendent à une aggravation des bilans au fur et à mesure de l’accès des équipes de secours aux zones isolées, craignent des épidémies. La Fédération internationale de la Croix-Rouge a lancé un appel d’urgence afin de collecter quatre millions d’euros. Jeudi, l’ONU a annoncé qu’une première enveloppe "d'au moins 10 millions de dollars" allait être débloquée pour venir en aide aux victimes.
 

Au lendemain du cyclone, la junte s’était engagée à ouvrir le pays à l’aide internationale. Faute de visas, les organisations humanitaires éprouvent du mal à franchir les frontières birmanes.
 

"Cela paraît surréaliste au regard du bilan qui s’alourdit d’heure en heure", estime Cyril Payen, le correspondant de FRANCE 24 à Bangkok, la capitale de la Thaïlande voisine.
 

Principale préoccupation des organisations humanitaires : l’entrée des vivres, du matériel de secours et des équipes spécialisées. Selon Cyril Payen, la "poignée" de missions à pied d’œuvre en Birmanie manque cruellement de matériels et de spécialistes.

 

Pressions internationales
 

Face à la situation, Paris en appelle à l’ONU. La France souhaite le vote d’une résolution du Conseil de sécurité qui "imposerait" à Rangoun de laisser passer l'aide internationale. La proposition de la diplomatie française a, pour l’heure, été refusée.
 

"Le Conseil de sécurité n’a pas accepté, a indiqué le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner. Il a simplement accepté -un certain nombre de pays refusant d’aller plus loin- d’en discuter encore demain matin (jeudi). Ne désespérons pas mais pour l’instant, c’est bloqué", a-t-il déclaré mercredi soir sur France 2.

 
De son côté, l’opposition birmane a mis en garde contre tout détournement de l’aide par la junte, en plaidant pour son acheminement direct aux sinistrés. Le Premier ministre du gouvernement birman en exil, Sein Win, a demandé aux gouvernements et aux ONG "de ne pas verser l’aide en argent aux militaires".

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