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ZIMBABWE - ELECTIONS

Tsvangirai prêt à affronter Mugabe au second tour

3 min

Le chef de l'opposition zimbabwéenne, Morgan Tsvangirai, a assorti de conditions son acceptation de disputer le second tour de la présidentielle face à Robert Mugabe. Peu après, le gouvernement a rejeté ces requêtes. (Récit : J. Fanciulli)

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Le gouvernement zimbabwéen a rejeté samedi les conditions posées par le dirigeant de l'opposition, Morgan Tsvangirai, pour accepter de disputer un second tour de l'élection présidentielle face au chef de l'Etat sortant Robert Mugabe.

Actuellement en Afrique du Sud, Tsvangirai, dont les partisans affirment qu'il a obtenu la majorité absolue dès le premier tour de 29 mars, exige que des observateurs internationaux puissent veiller au bon déroulement du scrutin et que les médias couvrent l'événement sans aucune entrave.

A Harare, le ministre zimbabwéen de la Justice Patrick Chinamasa a aussitôt rejeté ces exigences.

"Le second tour se tiendra dans le cadre de la constitution et des lois électorales. Il n'y aura pas de conditions préalables extérieures à ce cadre", a-t-il dit à Reuters.

Tsvangirai, annonçant à Pretoria son accord sous condition, avait précisé qu'il allait rentrer prochainement dans son pays. "Je retournerai au Zimbabwe dans les deux jours qui viennent", a-t-il dit.

Le chef de l'opposition a quitté son pays peu après le premier tour afin de rallier des soutiens internationaux à la cause de sa formation, le Mouvement pour un changement démocratique (MDC).

"Le MDC disputera le second tour. Je suis prêt, et la population est prête au tour final", a-t-il lancé au cours d'une conférence de presse en Afrique du Sud. "L'élection devrait avoir lieu au plus tard le 24 mai", a-t-il ajouté.

"Nous voulons un accès sans restriction pour tous les observateurs internationaux. La Commission électorale zimbabwéenne (ZEC) s'est totalement discréditée, au point qu'elle soutient maintenant la Zanu-PF (parti au pouvoir). Le
rétablissement d'une commission électorale en bonne et due forme est par conséquent primordiale", a-t-il dit.

Accusations mutuelles

Il a ajouté que "l'accès des médias doit se faire sans entrave" - y compris pour les médias internationaux.

C'est la première fois que le chef de l'opposition, même en y mettant des conditions, s'engage à participer au second tour, qui n'est selon lui pas nécessaire car il est convaincu d'avoir remporté l'élection dès le premier tour.

Le président sortant Robert Mugabe, 84 ans, a reconnu voici une semaine sa défaite au premier tour de la présidentielle, le 29 mars. Le président de la Commission électorale avait déclaré que Tsvangirai avait recueilli 47,9%, contre 43,2% pour Mugabe.

Mais le MDC avait contesté ces résultats en affirmant que Tsvangirai avait franchi la barre des 50% et qu'il devait être déclaré élu dès le premier tour. Tsvangirai avait toutefois laissé entendre alors qu'il pourrait participer à un second tour si des observateurs internationaux sous le contrôle des Nations unies en surveillaient le déroulement.

Les autorités de Harare ont interdit la majeure partie des observateurs internationaux des scrutins passés, estimant qu'ils penchaient en faveur de l'opposition et sapaient par leurs ingérences le déroulement des scrutins.

Le pouvoir a toutefois permis à certains Etats de la région de surveiller certains scrutins et a également invité des observateurs russes, par le passé.

Tsvangirai a d'autre part demandé à la Communauté de développement d'Afrique australe (SADC) d'envoyer des homme de maintien de la paix au Zimbabwe afin que l'opinion puisse avoir confiance dans l'organisation du scrutin. Le MDC, des organisations de défense des droits de l'homme et certains pays occidentaux accusent la Zanu-PF d'avoir mené une campagne de violences pour s'assurer que Mugabe remporte un second tour. La Zanu-PF dément et accuse à son tour le MDC d'avoir mené des attaques à caractère politique.

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