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LIBAN - VIOLENCES

L'armée libanaise pourrait utiliser la force dès mardi

4 min

Après cinq jours de violences, l'armée prévient qu'elle aura recours à la force si nécessaire pour faire régner l'ordre dès ce mardi. Les affrontements se sont étendus au nord et à la montagne druze. (Reportage : J.M. Quémener)

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Ce lundi, l'armée libanaise a prévenu qu'elle aurait recours à la force si nécessaire, à partir de ce mardi 6H00 (3h00 GMT) pour faire régner l'ordre public dans le pays.

"Les unités de l'armée feront cesser les violations (...) dans le respect de la loi, même si cela implique le recours à la force", selon un communiqué de l'armée.

 

Reprise des combats à Tripoli

 

Des affrontements ont repris ce lundi à Tripoli, la grande ville du nord du Liban, alors que Beyrouth et plusieurs villages dans les montagnes du Chouf retrouvaient un certain calme après avoir été pendant plusieurs jours le théâtre d’affrontements entre des miliciens de l'opposition menée par le Hezbollah et des partisans du gouvernement pro-occidental. 

 

 A Tripoli, de violents combats ont eu lieu dans les quartiers de Bab el-Tebbaneh et Jabal Mohsen, selon la presse libanaise. Au moins une personne a été tuée et quatre autres blessées, selon l’AFP.

 
La violence a repris dans la ville alors qu’un calme précaire prévalait dans les autres régions libanaises – notamment Beyrouth et les montagnes du Chouf.

 

Depuis la région du Chouf, au sud-est de la capitale, Lucie Fielder, correspondante de FRANCE 24, explique que la situation semble calme lundi dans la région d’Aley, une ville stratégique surplombant Beyrouth. Des violents combats ont eu lieu pendant le week-end faisant au moins 36 morts, selon des sources de sécurité libanaise.

 

La région d'Aley est dominée par les membres de la communauté druze et par les chrétiens maronites. Mais la région – stratégiquement située le long de la route nationale qui relie Beyrouth à Damas  compte également des villages à dominance chiite, pour la plupart fidèles au Hezbollah.

 

"Une bataille pour le Moyen-Orient"

 

Les affrontements ont baissé d'intensité, après l’appel à la trêve lancé dimanche par le chef druze Walid Jumblatt anti-Hezbollah, à son rival druze pro-Hezbollah Talal Arslan, à la suite des combats sanglants de ce week-end qui ont opposé leurs partisans réciproques.

 

Ces conflits font suite à plusieurs jours de lutte dans les rues dans la capitale, grâce auquel le Hezbollah a pu prendre le contrôle d’une grande partie de Beyrouth-Ouest avant de finalement laisser place libre à l’armée libanaise pendant le week-end.

 

Plusieurs barricades ont cependant été maintenues par les combattants du Hezbollah et leurs alliés ; la route à l'aéroport international de Beyrouth, elle, reste fermée pour le sixième jour consécutif.

 

Au total, 47 personnes ont été tuées au cours des affrontements, a rapporté à l'AFP une source des services de sécurité.

 

La récente montée de violence dans ce petit pays voisin d'Israël et de la Syrie rappelle étrangement la brutale guerre civile de 1975-1990, qui avait entraîné des batailles rangées entre les innombrables communautés du Liban, pour la plupart d’entre elles alliées avec les pouvoirs régionaux.

 
Une délégation arabe attendue à Beyrouth

 

Pour le ministre des Télécommunications libanais Marwan Hamadé interviewé sur  FRANCE 24 ce lundi, on ne peut pas encore parler de guerre civile. Il a cependant répété la demande d’aide de son gouvernement aux autres nations arabes, rappelant que “la bataille ici est non seulement une bataille pour le Liban, mais aussi une bataille pour le Moyen-Orient”.

 

Comme lors de la guerre civile, la montée actuelle de violence au Liban a des répercussions dans l’ensemble du Moyen-Orient. L’Iran et la Syrie apportant leur soutien au Hezbollah, des experts estiment que les pays arabes pro-occidentaux comme l'Egypte et l'Arabie saoudite considérent comme désastreuses ces récentes démonstrations de violence.

 

Les ministres arabes des Affaires étrangères réunis dimanche au Caire ont annoncé qu'ils enverraient une délégation ministérielle à Beyrouth pour des discussions avec les dirigeants libanais afin d’aider à trouver une réponse immédiate à la crise.Cependant ni l'Egypte, ni l’Arabie saoudite pas plus que la Syrie n'en font partie.


Nabih Berri, le président du Parlement libanais, annonce ce lundi, que la séance parlementaire censée procéder à l'élection du Président de la République est reportée au 10 juin. Elle devait se tenir ce mardi. Il s’agit du 19ème report de l’élection présidentielle.

Le Liban, qui vit sa pire crise politique depuis la fin de la guerre civile en 1990, n’a plus de chef d’Etat depuis le 24 novembre dernier en raison d’une bataille interne pour le pouvoir entre les groupes politiques pro et antisyriens.

 

 

 

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