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L'ONU juge indispensable un pont aérien vers la Birmanie

L'ONU juge que l'établissement d'"un pont aérien ou un pont maritime" est indispensable pour éviter une "deuxième catastrophe" en Birmanie. Anaïs Boussat, envoyée spéciale de FRANCE 24, a rencontré des rescapés du cyclone.

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Les pressions internationales ont beau s’intensifier, le régime des généraux en Birmanie repoussait toujours ce mardi les propositions d’aide étrangère et voulait garder la maîtrise de la distribution de nourriture et de médicaments auprès des sinistrés du cyclone Nargis.

Onze jours après la catastrophe naturelle, dont le bilan officiel provisoire fait état de 34 273 personnes tuées et près de 28 000 disparus, la junte affirme que "la nation n'a pas besoin de travailleurs humanitaires spécialisés", et que "les besoins de centaines de milliers de sinistrés" ont été satisfaits. Ce sont les déclarations du vice-amiral Soe Thein, haut responsable militaire, cité dans le journal gouvernemental New Light of Myanmar.

"On peut se demander si l’aide internationale n’est pas détournée"

Sur le terrain, l’envoyée spéciale de FRANCE 24, Anaïs Boussat, témoigne des attentes des habitants vis-à-vis du gouvernement : "J’ai visité un monastère proche de Rangoun où 90 personnes sinistrées par le cyclone sont logées. Certaines ont tout perdu : leurs maisons, leurs récoltes, et parfois leurs proches. Beaucoup ont l’air épuisées. C’est grâce aux donations privées que le monastère a pu nourrir toutes ces familles. Les habitants font remarquer que l’Etat, lui, n’a donné que cinq sacs de riz, ce qui est très insuffisant."

Un Birman, interviewé par Anaïs Boussat, décrit une situation inédite et catastrophique : "C’est la première fois que nous sommes confrontés à ce genre de désastre. Pour l’instant, l’aide des donateurs n’est pas suffisante, nous avons besoin de plus d’aide et surtout de bénévoles supplémentaires."

Notre envoyée spéciale s’interroge sur l’origine de l’aide alimentaire qui arrive dans la région du delta de l’Irrawaddy, où elle a pu se rendre malgré l’interdiction qui est faite aux étrangers d’y pénétrer. "L’aide qui est distribuée à la population apparaît comme essentiellement birmane, décrit-elle. Les camions portent des pancartes colorées avec le nom des donateurs : des mécènes privés, des entreprises, des temples et des organisations gouvernementales.

Cette aide est distribuée de façon très officielle, en présence de policiers et de militaires. Mais je n’ai vu aucun signe d’aide internationale dans le delta de l’Irrawaddy. Cette absence peut paraître étrange dans la mesure où l’aide internationale arrive à Rangoun. On peut se demande si celle-ci n’est pas détournée. Son origine est peut-être masquée ou transformée à son arrivée dans le pays."

"Paradoxalement, la catastrophe va peut-être ouvrir une fenêtre politique"

Rémy Favre, correspondant à Rangoun pour RFI et FRANCE 24, parle des éventuelles conséquences politiques du cyclone : "J’ai rencontré des Birmans qui pensent paradoxalement que la catastrophe va peut-être ouvrir une fenêtre politique.

Pour l’instant, les gens ne sont pas prêts à manifester, mais ils ont conscience que l’aide alimentaire arrive tardivement à cause des lenteurs et des craintes du gouvernement. Ils ont un accès aux médias internationaux, notamment aux télévisions étrangères. Et beaucoup de Birmans sont très en colère."

Notre correspondant évoque également une crise économique et une probable augmentation du prix du riz. : "On se rappelle que c’est l’inflation qui avait déclenché en août dernier les grandes manifestations de moines en Birmanie."

Pression internationale et aide au compte-gouttes

Tout en voulant contrôler l'acheminement de l’aide internationale, la Birmanie ouvre timidement ses portes.

Un premier appareil militaire américain rempli de secours a atterrit à Rangoun lundi. Les Etats-Unis ont envoyé mardi un avion supplémentaire et un troisième était attendu dans la journée.

Par ailleurs, le commissaire européen au Développement Louis Michel a annoncé ce mardi qu'il avait obtenu un visa pour entrer en Birmanie, où il veut convaincre les autorités de laisser entrer l'aide humanitaire. L’Union européeenne appelle les autorités birmanes à autoriser une aide humanitaire "libre de toute entrave".

De son côté, l’Onu plaide pour l’établissement d’un pont aérien ou maritime. Son secrétaire général, Ban Ki-moon, a exprimé lundi "son immense frustration" devant les lenteurs "inacceptables".

 

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