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COLOMBIE - ETATS-UNIS

Uribe extrade des paramilitaires aux Etats-Unis

3 min

Alvaro Uribe a extradé 14 chefs paramilitaires colombiens aux États-Unis. Il voudrait ainsi finaliser un pacte de libre-échange avec les Américains qui voyaient d'un mauvais œil ses relations passées avec ces milices d'extrême droite.

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Le président colombien Alvaro Uribe a créé la surprise en extradant mardi les principaux chefs paramilitaires vers les Etats-Unis, où ils sont recherchés pour trafic de drogue, au risque de mettre en péril le processus de démobilisation des groupes armés d'extrême droite.

Treize des plus importants chefs paramilitaires colombiens et le narco-trafiquant Martin Torregrosa ont été extradés mardi matin de Bogota vers les Etats-Unis.

Les chefs paramilitaires ont été extraits de trois prisons vers 02h00 locales (07h00 GMT) et conduits sur la base militaire de Catam à Bogota d'où ils ont été extradés vers les Etats-Unis. Des agents de la DEA (services anti-drogue américains) les attendaient sur le tarmac de l'aéroport, a affirmé la radio privée RCN.

Ces Colombiens sont accusés par des tribunaux de Miami et de New York d'avoir introduit aux Etats-Unis des centaines de kilos de cocaïne.

Les plus grands dirigeants de ces milices d'extrême droite, Salvatore Mancuso, Rodrigo Tuvar Pupo (alias "George 40"), Diego Fernando Murillo (alias "Don Berna"), Hernan Giraldo (alias "Pablo Sevillano") et Ramiro Vanoy (alias "Cuco Vanoy"), font partie des 14 personnes qui ont été extradées, a rapporté le quotidien El Tiempo sur son site internet.

Les avocats des dirigeants paramilitaires ont affirmé n'avoir pas même été informés par les autorités du départ de leurs clients vers les prisons américaines.

"Nous sommes atterrés et pensons que le processus de paix avec les paramilitaires n'existe plus en Colombie car le gouvernement n'a pas respecté sa parole", a déclaré à la presse German Naverrete, l'avocat de "Cuco Vanoy".

Des sources proches du gouvernement ont précisé mardi au Tiempo que les 13 paramilitaires en partance pour les Etats-Unis n'avaient pas respecté la loi, avaient menti aux autorités et n'avaient pas déclaré leurs biens qui doivent servir à dédommager les victimes des groupes paramilitaires.

Ivan Cepeda, représentant la défense des victimes, présent à l'aéroport militaire, a qualifié cette décision "de coup bas du gouvernement" visant à interrompre les enquêtes en cours sur les exactions des chefs miliciens qui ont fait plus de 15.000 morts ces dernières années.

Le 7 mai, Bogota avait déjà extradé aux Etats-Unis pour trafic de drogue le plus grand chef paramilitaire Carlos Mario Jimenez, alias "Macaco" ("Macaque").

Les responsables de ces milices d'extrême droite, qui comptaient près de 31.000 combattants, avaient tenté en avril 2006 en se démobilisant de bénéficier de la loi "Justice et paix", qui stipulait que les paramilitaires qui déposaient volontairement les armes ne pouvaient encourir une peine supérieure à huit ans de prison quelle que soit la nature de leurs crimes.

Toutefois, ces démobilisations impliquaient que les paramilitaires mettent définitivement un terme à leurs activités, notamment au trafic de drogue, et avouent leurs crimes.

Ces groupes avaient été formés il y a trente ans par les grands propriétaires terriens pour se défendre des mouvements de guérilla. Etroitement liés à certains responsables politiques proches pour certains du président Alvaro Uribe, ils ont commis des massacres de civils, ainsi que des meurtres ciblés d'élus de gauche, de syndicalistes et de journalistes. Pour financer leurs actions, ils ont eu recours régulièrement au trafic de cocaïne.

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