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Les enseignants en tête de la grève des fonctionnaires français

La grève contre les suppressions de postes prévues par le gouvernement français est particulièrement suivie. De nombreuses écoles sont fermées malgré les tentatives d'organiser un service minimum. (Récit : A.Dupuis)

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La grève des fonctionnaires, accompagnée de manifestations, était particulièrement suivie jeudi en France dans l'Education nationale où de nombreuses écoles étaient fermées malgré des tentatives de mise en place d'un service minimum d'accueil.

 

Les syndicats protestent contre les suppressions de 22.900 postes de fonctionnaires cette année, dont 11.200 dans l'Education, chiffre qui doit passer à 35.000 l'année prochaine.

 

Des manifestations étaient prévues dans toutes les grandes villes, dont une à Paris dans l'après-midi.

 

Un cortège de 30.000 personnes selon les syndicats, composé essentiellement d'enseignants et de lycéens, a défilé dans la matinée à Marseille derrière une banderole où l'on pouvait lire "halte à la casse des services publics et au démantèlement de la fonction publique", a constaté Reuters.

 

 Deux à trois mille personnes , principalement des enseignants et des lycéens, ont défilé à Strasbourg, aux cris de "Rendez-nous nos maîtresses", "Sarko, t'es foutu, Sainte-Madeleine est dans la rue", a constaté Reuters.

 

"J'attends une réaction, un changement de ton et un peu plus de considération de nos politiques, malheureusement ils ont l'oreille dure, pour eux ces manifestations c'est du folklore", disait Dimitri Verdy, enseignant d'anglais à Aix-en-Provence.

 

"Je trouve que les suppressions de classe, c'est insupportable. Il y a déjà des (classes) où ils sont trente. C'est la troisième fermeture de classe en trois ans", a dit à Reuters Véronique Durrenberger, parent d'élève de Strasbourg.

 

LA FSU, qui mesure les grévistes par rapport au personnel en service, a annoncé un taux de grévistes de 63% chez les enseignants des écoles. Le ministère, qui mesure par rapport à l'ensemble des effectifs, a annoncé en fin de matinée un taux moyen de 34,13% de grévistes, qui monte à 46,16% dans les enseignants des écoles et 33,55% dans le second degré.

 

A Marseille, le syndicat Snes parlait ainsi de 75% de grévistes dans les écoles, le rectorat de 49%. Un taux de grévistes de 50% dans le premier degré était annoncé par les syndicats en Alsace, alors que le rectorat parlait de 44%.

 

A Bordeaux, 27 des 98 écoles étaients fermées, à Marseille, 139 sur 465 écoles, A Strasbourg, 26 sur 112.

 
 
Peu de service minimum
 

Le service minimum d'accueil avec des agents communaux, voulu par Xavier Darcos, a été refusé par la quasi-totalité des grandes villes, qui avancent des problèmes juridiques, d'organisation et le principe du respect du droit de grève.

 

Seules quelques milliers de communes petites ou moyennes ont introduit ce service. A Bordeaux, le maire UMP Alain Juppé n'a consenti qu'à une expérience dans quatre écoles.

 

 Dans quatre des huit secteurs de Marseille, dirigés par la droite, les centres aérés ont ouvert leurs portes pour accueillir les enfants. A Lyon, des élus de droite ont accueilli en personne les enfants.

 

Aucune perturbation majeure n'était annoncée dans les transports publics, à l'exception d'un préavis de grève régional des contrôleurs SNCF à Marseille. Des perturbations étaient attendues dans le transport aérien, du fait de la participation de contrôleurs aériens au mouvement.

 

Le recours à la grève est un "mode de réclamation qui est certainement daté", a dit le secrétaire d'Etat à la Fonction publique André Santini sur RTL, une méthode "surannée", a dit le ministre de l'Education Xavier Darcos sur LCI.

 

 André Santini suggère la grève à la japonaise, aller au travail avec un brassard. Selon Le Figaro, l'Education entend s'attaquer aux enseignants qui ne sont pas dans les salles de classe, en raison de délégations, de détachements divers , ce qui reviendrait à réaffecter à des tâches d'enseignement 23.200 postes à temps plein.

 

Après le 20 novembre et 24 janvier, c'est la troisième grève de la fonction publique depuis l'élection de Nicolas Sarkozy, qui maintient sa volonté de réduire les effectifs.

 

La fonction publique d'Etat compte 2,5 millions de personnes dont un million dans l'éducation, 1,6 million de fonctionnaires territoriaux et environ un million de personnes à l'hôpital. Un nouveau mouvement qui concernera public et privé est annoncé le 22 mai sur le dossier des retraites.

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