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L'ONU exhorte la junte birmane à accepter l'aide internationale

Ban Ki-moon va envoyer son émissaire John Holmes en Birmanie pour tenter de convaincre la junte d'ouvrir le pays à l'aide internationale. Nos envoyés spéciaux ont rencontré des rescapés. (Reportage : C. Payen, S. Kane)

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Les Nations unies ont revu mercredi à la hausse le nombre de Birmans "gravement affectés" par le passage du cyclone Nargis, estimant qu'entre 1,6 et 2,5 millions de personnes ont besoin aujourd'hui une assistance. La précédente estimation de l'Onu faisait état d'au moins 1,5 million de Birmans durement touchés par la catastrophe.

John Holmes, secrétaire général adjoint de l'Onu chargé des affaires humanitaires, a réitéré son appel à la junte militaire  pour qu'elle lève le plus vite possible l'ensemble des restrictions pensant sur l'acheminement de l'aide internationale.

"Nous avons constaté un ou deux petits signes de progrès dans certaines régions", a dit le responsable de l'Onu, ajoutan que l'aide humanitaire n'était "en aucun cas à la hauteur de la tâche". Interrogé sur d'éventuels largages aériens afin de contourner le refus des autorités birmanes de laisser circuler l'aide librement à travers le pays, Holmes a répondu qu'il n'excluait pas cette solution.

"C'est quelque chose qui pourrait être envisagé", a-t-il affirmé, ajoutant que si les équipes logistiques étrangères devaient être bloquées à la frontière plus longtemps, il faudrait que "quelqu'un se penche sur cette question.

Holmes a par ailleurs mis en garde la communauté internationale contre le risque d'épidémies comme le choléra, le paludisme ou encore la rougeole en raison de la dégradation des conditions sanitaires dans certaines zones sinistrées.

 

L'Onu suspecte la junte birmane de détourner l'aide

 

Les Nations Unies sont préoccupées par le possible détournement de l'aide d'urgence aux sinistrés du cyclone Nargis en Birmanie, a déclaré Michèle Montas, porte-parole du secrétaire général, Ban Ki-moon.

"Cette préoccupation existe", a déclaré Mme Montas interrogée mardi soir  sur le fait de savoir si l'ONU craignait que l'aide de la communauté internationale soit  détournée au détriment des victimes du cyclone.

"Nous n'avons pas d'informations indépendantes sur l'attribution de certaines portions de l'aide à d'autres secteurs en dehors des victimes", a-t-elle indiqué dans une conférence de presse.

"C'est un fait qu'un très petit pourcentage des victimes jusqu'à présent a reçu de l'aide, mais d'hier à aujourd'hui, d'après ce que je lis, on voit que la situation s'est améliorée au niveau de la distribution", a-t-elle ajouté.

Des responsables de l'ONU, dont le secrétaire général Ban Ki-moon, ont exprimé leur crainte que la Birmanie affronte "une deuxième catastrophe" après le passage du cyclone, qui a dévasté plusieurs régions méridionales de la Birmanie les 2 et 3 mai, faisant plus de 62.000 morts et disparus, ainsi que quelque deux millions de sinistrés.

"Si davantage d'aide n'entre pas dans le pays très rapidement", le risque sera grand de voir surgir des épidémies de maladies infectieuses qui aggraveraient encore la situation, a averti lundi M. Ban.

"Nous en sommes à un point critique", a-t-il dit, faisant une allusion voilée au fait que la junte militaire a semblé se soucier davantage de la tenue du référendum constitutionnel qui s'est déroulé samedi dans une partie du pays, que d'organiser les secours à grande échelle exigés par la catastrophe.

Pour l'instant, le Programme alimentaire mondial (Pam) n'est parvenu à apporter des vivres qu'à 70.000 personnes  dans les zones affectées.

 

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