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La pression internationale sur la Birmanie s'accentue

L'ONU prévoit un sommet régional sur la situation en Birmanie et la visite de son responsable humanitaire. A Rangoun, le commissaire européen à l'Aide humanitaire, veut des "actions concrètes" de la junte. (Reportage : A. Beaumont et A. Boussat)

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Retrouvez aussi l'émission de France 24 A la Une sur la Birmanie : silence, on meurt.

 

Alors que les autorités de Rangoun répètent à l’envi qu’elles "ne comptent pas trop sur l'assistance internationale et reconstruiront la nation sur la base de l'indépendance", les Nations unies ont décidé d’organiser prochainement un sommet d’urgence en Asie pour trouver une solution à la crise humanitaire en Birmanie. L’annonce a été faite ce jeudi par le Premier ministre britannique Gordon Brown.

En effet, malgré les déclarations d’auto-suffisance de la Birmanie, les chiffres avancés par l’ONU sont alarmants : les Nations unies comptabilisent 128 000 personnes mortes et disparues et estiment que la plupart des sinistrés n’ont pas eu accès à l’aide alimentaire d’urgence. Jeudi, la télévision d’Etat birmane annonçait 43 318 morts et 27 838 personnes disparues.

A ces problèmes s’ajoutent la crainte d’une nouvelle tempête. "Les conditions sont en train de se dégrader", décrit l’envoyé spécial de FRANCE 24 sur la frontière thaïlando-birmane, Cyril Payen, jeudi à 11H (GMT+2). "L’orage est en train de tomber sur la région. L’aide qui arrive au compte-gouttes va être retardée par ces conditions météorologiques. On craint une nouvelle dépression tropicale, voire un cyclone qui pourrait de nouveau s’abattre sur la région."

Pressions internationales constantes

Outre le sommet d’urgence prévu par l’ONU, la visite du commissaire européen à l'Aide humanitaire Louis Michel à Rangoun et l’envoi prochain du responsable des Affaires humanitaires à l’ONU, John Holmes, doivent contribuer à faire changer Rangoun de position sur son ouverture à l’aide internationale.

Dans une interview accordée depuis Rangoun, Louis Michel prévient que ce pays pauvre risquait une "famine" en raison de la destruction de "tous les stocks de riz". Il rejette toutefois l’idée émise par certains pays européens d’apporter de l’aide aux Birmans sans l’autorisation de la junte.

"Parodie de démocratie"

Là encore, la réponse birmane laisse l’Occident sceptique. D’après Cyril Payen, "les militaires birmans se sont massés de l’autre côté de la frontière. Un bataillon de plus est venu sécuriser la route qui pourrait servir de corridor humanitaire terrestre. La réponse de la junte militaire est toujours très étrange, très paradoxale, alors qu’il y a une énorme manœuvre diplomatique pour les faire fléchir et déployer plus d’aide humanitaire dans le pays."

C’est dans ces conditions difficiles que le régime birman publie les résultats du référendum sur la Constitution organisé samedi dernier : plus de 92 % de oui et une participation massive de 99 %.

"On est réellement dans une parodie de démocratie, explique Cyril Payen. Les Birmans seraient indifférents – ils sont habitués depuis 46 ans à vivre sous le joug de la dictature militaire – si ce n’étaient ces conditions catastrophiques, avec une grande partie du pays qui est totalement sinistrée."

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