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Une nouvelle tempête frappe une Birmanie endeuillée

Des pluies torrentielles se sont de nouveau abattues, rendant la situation des rescapés du cyclone encore plus difficile. Ecoutez Louis Michel, commissaire européen à l'aide humanitaire, interviewé par nos envoyés spéciaux en Birmanie.

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C’est un véritable déluge tropical qui a touché le delta de l’Irrawaddy vendredi, enfonçant un peu plus les quelques 2,5 millions de survivants sans-abris du cyclone Nargis dans leur misère et empêchant les efforts humanitaires du gouvernement militaire.

Malgré cette dernière tempête, qui achève de transformer les dernières routes endommagées de cette région marécageuse en véritable bourbier, le général en chef de la Birmanie continue d’affirmer que les opérations de secours se déroulent normalement.

Mais Cyril Payen, envoyé spécial de FRANCE 24 à la frontière entre la Thaïlande et la Birmanie, affirme "que de nombreuses parties du delta n’ont pas reçu d’aide du tout." Selon lui, les dégâts provoqués par le cyclone Nargis seraient encore mal connus, ce qui laisse à penser que certaines régions n’ont pas encore été survolées par les hélicoptères de reconnaissance.

"Absolument inflexible"

“La position du gouvernement concernant l’aide internationale est absolument inflexible", ajoute Cyril Payen, "ils ne laisseront entrer aucun humanitaire étranger en Birmanie."

Redoutant l’influence étrangère, la junte militaire maintient l’isolement du delta de l’Irrawaddy. "C’est une région à  laquelle seuls des secouristes locaux ont accès", précise Alice Beaumont, envoyée spéciale de FRANCE 24 en Birmanie.

Au deuxième jour de sa visite en Birmanie, le commissaire européen au Développement Louis Michel attendait toujours une autorisation pour se rendre dans les zones dévastées par le cyclone. "J’ai demandé à pouvoir me rendre dans le delta, mais je n’ai pas été autorisé à entrer hier. J’espère pouvoir m’y rendre aujourd’hui", a-t-il déclaré.

La France a également participé à l’effort humanitaire, dépêchant un navire de la marine avec 1 000 tonnes de matériel d’urgence à son bord. Assez pour permettre à 100 000 personnes de manger et boire une eau propre pendant deux semaines. Selon Alice Beaumont, l’hélicoptère doit arriver prochainement, mais n’aurait toujours pas obtenu l’autorisation de survoler les eaux territoriales birmanes.

Le bilan s’alourdit, les pandémies menacent

Alors que la télévision officielle birmane revoit le bilan des victimes du cyclone Nargis à la hausse, annonçant 77 738 morts, Cyril Payen explique que certains humanitaires en Birmanie parlent plutôt de 200 000 personnes mortes ou disparues.

Le personnel médical présent en Birmanie demande une aide rapide, plusieurs cas de choléra, une maladie infectieuse et potentiellement mortelle, ayant déjà été recensés dans plusieurs régions du pays. Les régions côtières, entièrement inondées après le passage du cyclone, sont un terrain propice à cette bactérie très mobile, dont la maladie résulte de l'absorption par la bouche d'eau ou d'aliments contaminés. Les Nations unies ont déjà estimé à 20 % le nombre d’enfants souffrant de diarrhée dans la région du delta.

La Croix-Rouge, qui a lancé un appel en faveur des survivants du cyclone, a déclaré vendredi que les récoltes dans les zones touchées par Nargis étaient déjà perdues. "Nous allons certainement constater une nouvelle aggravation de la situation et une misère accrue pour une population déjà très durement frappée", a déclaré Thomas Gurtner, directeur des programmes et de la coordination à la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge.
 

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