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Les 35 heures polarisent la droite française

Les 35 heures sèment le trouble dans la majorité. Le secrétaire général de l'UMP demande leur "démantèlement définitif", mais le président Sarkozy s'aligne sur son ministre du Travail, qui n'entend pas les abandonner. (Analyse : S. Bahr)

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L'UMP a plaidé lundi pour un démantèlement définitif des 35 heures, par la voix de son secrétaire général Patrick Devedjian, mais le ministre du Travail Xavier Bertrand a rectifié le tir en réaffirmant qu'il n'entendait pas toucher à la durée légale du travail.

L'UMP avait choisi le 19 mai 2008, dix ans jour pour jour après le vote à l'Assemblée nationale de la première loi Aubry, fixant la durée hebdomadaire du "travail effectif" à 35 heures pour les entreprises de plus de 20 salariés.

Souhaitant que "le dispositif soit définitivement démantelé", M. Devedjian avait précisé en marge du point de presse hebdomadaire de l'UMP que "la négociation sociale fixerait la durée contractuelle du travail dans chaque entreprise" et "le régime des heures supplémentaires".

A la question de savoir s'il était pour "une suppression de la durée légale" du travail, M. Devedjian avait répondu "oui, puisque je suis pour la négociation entreprise par entreprise". "Ca cessera d'être un système national", avait-il ajouté.

Pour désamorcer une éventuelle polémique, M. Bertrand, promu fin mars secrétaire général adjoint de l'UMP, a corrigé le tir dans l'après-midi, soulignant qu'il n'était pas question d'abandonner la "durée légale du travail à 35 heures", mais qu'il s'agissait de "sortir du carcan des 35 heures imposées partout et pour tous".

M. Bertrand a relevé que la référence des 35 heures servait notamment de seuil de déclenchement pour les heures supplémentaires, un des socles du "travailler plus pour gagner plus" de Nicolas Sarkozy. Une loi permettra, à partir de début 2009, aux entreprises de négocier de "la souplesse", notamment sur ces heures supplémentaires, a-t-il précisé.

Le président Sarkozy, dont des propos sur la "fin" des 35 heures avaient déjà déclenché des remous en janvier, a immédiatement abondé dans ce sens, assurant que le ministre du Travail avait "comme toujours, bien parlé". Réputé hostile aux 35 heures, il avait déclaré vendredi à Melun : "C'est quand même une affaire extraordinaire ces 35 heures. Il n'y a plus d'augmentation de salaire, plus de discussion de salaire, donc socialement c'est une catastrophe, et économiquement il n'y a pas un pays qui nous a imités".

Le 6 mai, le Premier ministre, François Fillon, avait déclaré que l'objectif de "la libération du travail" engagée par son gouvernement était "de sortir définitivement" la France "du carcan des 35 heures".

"Nous à l'UMP, nous prenons fermement position pour qu'on aille jusqu'au bout et qu'on ne faiblisse pas" sur ce sujet, avait insisté lundi matin M. Devedjian, reconnaissant qu'"il y a débat là-dessus dans la majorité".

M. Bertrand a de son côté estimé que le dispositif d'assouplissement qu'il propose pourrait s'inscrire dans le cadre de la "position commune sur la représentativité", élaborée le 9 avril, et paraphée par la CGT, la CFDT, le Medef et la CGPME.

Entre UMP et gouvernement "chacun est dans son rôle", a tempéré, Laurent Wauquiez (Emploi). "Patrick Devedjian est dans son rôle d'aiguillon, de quelqu'un qui est à la tête d'un  parti politique, qui essaye de faire bouger fortement des lignes de force, quitte à être choquant, et le gouvernement est dans son rôle d'essayer à la fois d'aller jusqu'au bout de la souplesse et de l'idée de revalorisation du travail, mais dans le respect des partenaires sociaux".

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