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ARMEMENT - CONFERENCE

Conférence à Dublin sur les bombes à sous-munitions

3 min

Les discussions devraient porter sur un traité d'interdiction des bombes à sous-munitions. Les Etats-Unis, Israël et la Chine figurent parmi les grands absents. (Récit : K. Chabour)

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Des représentants d'une centaine de pays se réunissent à partir de lundi à Dublin pour une conférence de 12 jours qui tentera de finaliser un accord sur un traité international majeur interdisant les bombes à sous-munitions (BASM).

Les organisations humanitaires s'attendent à des débats âpres. Elles ont déjà mis en garde contre toute tentative d'édulcorer le texte final.

Un accord sans ambiguïtés aurait la même portée historique que la Convention d'Ottawa, qui avait banni les mines antipersonnel en 1997.

En tête des grands absents de cette conférence, qui s'achève le 30 mai, les Etats-Unis, la Chine, la Russie, l'Inde, le Pakistan et Israël. Ils s'opposent toujours à l'interdiction de ces armes particulièrement meurtrières pour les civils et encore récemment utilisées en Irak, ou en 2006 au Liban.

Cette conférence s'inscrit dans le processus initié en février 2007 à Oslo. Réunis à l'initiative de la Norvège, 46 pays avaient adopté une déclaration commune appelant à l'interdiction d'ici 2008 "d'utiliser, de produire, de transférer et de stocker" des BASM.

Trois rencontres ultérieures, à Lima, Vienne et Wellington, ont débouché sur l'ébauche du texte qui doit être discuté à Dublin. Le document final sera soumis à la signature de tous les Etats, même ceux n'ayant pas participé au processus d'élaboration, les 2 et 3 décembre prochains à Oslo.

"Ce sera le plus important traité sur les armes et (leurs conséquences) humanitaires à être signé depuis plus de 10 ans", assure à l'AFP Thomas Nash, porte-parole de la Coalition contre les sous-munitions (Cluster Munition Coalition, CMC), l'organisation qui chapeaute les associations militant pour l'interdiction de ces armes.

L'avant-projet proscrit l'usage, la production et le commerce des BASM, et établit une date-butoir de six ans pour la destruction des stocks existants. Il réclame également la décontamination des zones "polluées" et envisage l'aide à apporter aux victimes.

"Telle quelle, l'ébauche de traité propose une interdiction ferme et complète des bombes à sous-munitions. Nous récusons entièrement toute tentative d'en atténuer la teneur", a déclaré Steve Goose, co-président de la CMC.

Selon la CMC, plusieurs Etats vont tenter de réduire la portée du texte, en réclamant des exemptions sur certains types de sous-munitions et une période de transition durant laquelle ces armes pourraient encore être utilisées.

Ces pays - notamment la France, l'Afrique du Sud, l'Allemagne, l'Australie, le Canada, le Japon, et plus encore le Royaume-Uni - vont aussi chercher à obtenir la suppression d'un article qui prévoit l'interdiction d'assister des Etats utilisant les BASM lors d'opérations militaires conjointes.

A Vienne, la France avait plaidé pour que les BASM disposant d'un dispositif d'auto-destruction soient exclues du champ du traité. L'une des clés des négociations de Dublin tiendra donc à la définition retenue des BASM.

Les Etats-Unis, qui à eux seuls en détiennent de 700 à 800 millions, ont aussi été accusés par les ONG d'agir en coulisses pour empêcher la conclusion d'un accord.

Si Steve Goose regrette l'absence des grands producteurs, il estime que le traité "stigmatisera les bombes à sous-munitions à un point tel qu'il sera difficile pour n'importe quel pays d'y recourir sans faire l'objet d'une condamnation internationale".

Les BASM se présentent comme des conteneurs qui s'ouvrent lors de leur largage et répandent jusqu'à plusieurs centaines de mini-bombes sur la zone de survol. Entre 5% et 30% n'explosent pas à l'impact et menacent dès lors les populations des pays "pollués", comme le Laos, la Bosnie, l'Irak, l'Afghanistan ou le Liban.

Les civils représentent 85% des victimes d'un accident par mine ou munition non explosée et les enfants 23%, selon Handicap International.
 

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