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Mbeki assure que la police mettra fin à "l'anarchie"

En Afrique du Sud, où au moins 22 personnes sont mortes dans des violences xénophobes, le président Thabo Mbeki a affirmé que la police mettrait fin à "l'anarchie". (Récit : H. Drouet)

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Le président sud-africain Thabo Mbeki appelle la police à mettre fin à l'"anarchie" à Johannesburg, où sévit une vague de violence raciste. Des attaques xénophobes ont provoqué la mort d’au moins 22 personnes, depuis une semaine, dans la capitale économique du pays.

   
Des groupes d'habitants des faubourgs pauvres de Johannesburg s'attaquent aux travailleurs immigrés, pour la plupart originaires du Zimbabwe. Des hommes sont battus à mort, des femmes sont violées et les scènes de pillages se répandent dans les bidonvilles.

   
Les photos d’un homme brulé vif par la foule, reprises par les journaux du monde entier, ont heurté l’opinion internationale, qui n’est pas habituée à ce genre de scène dans le pays le plus riche d’Afrique. (Voir notre diaporama au bas de cette page)

   
"Tsunami de migrants"

   
Tout juste revenue d’Afrique du Sud, Anne Dissez, journaliste à la radio Africa n° 1, décrit à France 24 « un véritable climat de terreur ». Les populations les plus pauvres, étranglées par la hausse des prix et par un taux de chômage élevé, se retournent contre les immigrés.

  
"Des noirs pauvres sud-africains s’en prennent à des noirs pauvres zimbabwéens parce qu’ils estiment que l’immigration n’est plus contrôlée", assure Anne Dissez.

   
Les Zimbabwéens, dont on estime qu’ils seraient désormais près de 3 millions en Afrique du Sud, ont fui la crise économique et politique qui frappe leur pays. Ils sont devenus les boucs émissaires des populations pauvres sud-africaines, qui les accusent de prendre leurs emplois et d'être impliqués dans la criminalité.

   
Anne Dissez rappelle qu’un journal sud-africain titrait encore il y a quelques jours sur le "Tsunami de migrants" qui déferle sur le pays.

  
Tensions politiques et économiques

  
La situation politique est tendue en Afrique du Sud depuis le 18 décembre 2007 et l’élection de Jacob Zuma à la présidence du Congrès national africain (ANC), le parti au pouvoir. Le chef de l'Etat, Thabo Mbeki, est affaibli par l'élection de son rival et son autorité s’en trouve diminuée. « L’Afrique du sud a désormais deux lieux de pouvoir », assure Anne Dissez, pour qui ce contexte politique troublé est l’une des causes de la flambée des violences.

   
Zuma et Mbeki s’affrontent aussi sur le terrain international. Alors que l’actuel président s'est toujours refusé à critiquer le président du Zimbabwe Robert Mugabe, Jacob Zuma remet de plus en plus en cause ce soutien.


La situation dramatique de l’encombrant voisin zimbabwéen, avec plus de 80 % de chômage et une inflation frôlant les 165 000 % par an, accentue les dissensions entre les deux hommes forts sud-africains. Le trésorier général de l'ANC, Matthews Phosa, a d’ailleurs appelé à la tenue d’élections anticipées, pour installer une direction forte à la tête du pays.

   
L’Afrique du Sud traverse aussi une période de troubles économiques. Le pays, qui produit toujours 90 % de son électricité à partir du charbon, est sous le coup d’une crise énergétique.

  
"On voit poindre la crise depuis 30 ans, mais aucun gouvernement n’a jamais voulu en faire une priorité, on voit où on en est aujourd’hui", déplore Anne Dissez.

   
Aussi dramatiques que soient les récents événements, Anne Dissez estime que la situation devrait prochainement revenir à la normale : "Cela va se calmer, les soulèvements sont cantonnés à certains faubourgs de Johannesburg, les autres villes ne se sont pas embrasées."

   
Près de 300 personnes au total ont déjà été arrêtées, selon le porte-parole de la police, et l’appel au calme lancé par Nelson Mandela devrait être entendu. Mais ces scènes d’émeutes sonnent comme un avertissement pour le pays, qui accueille la Coupe du monde de football dans deux ans.
 

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