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La junte accepte enfin de laisser entrer tous les humanitaires

Le chef de la junte militaire accepte de laisser entrer en Birmanie "tous les travailleurs humanitaires" pour venir en aide aux sinistrés du cyclone Nargis, annonce Ban Ki-moon, le secrétaire général de l'ONU. (Récit : France 2)

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Trois semaines après le passage dévastateur du cyclone Nargis, le leader de la junte birmane accepte d’ouvrir son pays à tous les travailleurs humanitaires, sans considération de nationalité. C’est ce qu’annonce le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, après un entretien d’un peu plus de deux heures avec le général Than Shwe à Naypyidaw, la nouvelle capitale birmane. 

 
"C’est un geste spectaculaire", estime Jean-Bernard Cadier, spécialiste de politique internationale à FRANCE 24, qui ajoute : "d’autant plus spectaculaire, qu’il vient du sommet". Ban Ki-moon affirme en effet qu’à l’issue d’"une très bonne rencontre", c’est le général en chef, lui-même, qui a décidé de laisser entrer les humanitaires. "Souvenez-vous qu’il y a quelques jours, aucun des généraux birmans ne prenaient Ban Ki-moon au téléphone", rappelle Jean-Bernard Cadier.

 

L'accès au delta incertain


Le chef de la junte birmane a aussi accepté que l'aéroport de Rangoun soit utilisé comme plateforme internationale pour la distribution des secours. Mais Cyril Payen, correspondant à FRANCE 24 à Bangkok, reste dubitatif : "Dans la forme, cette déclaration très laconique est curieuse, on ne sait pas précisément ce que cela veut dire."

En effet, la question centrale demeure celle de l’accès au delta de l'Irrawaddy, la région la plus durement touchée par le passage du cyclone Nargis. "Les travailleurs vont-ils avoir l’autorisation de se rendre dans la zone du delta de l'Irrawaddy, jusque là interdite ?", s’interroge Anaïs Boussat, envoyée spéciale FRANCE 24 en Birmanie. (Visionnez le reportage exclusif dans le delta de l'Irrawaddy)


On estime que trois semaines après le passage de Nargis, 2,4 millions de sinistrés attendent toujours l’aide humanitaire internationale que la junte laissait passer au compte-gouttes jusqu’à présent. Interrogé par FRANCE 24, Jean-Sébastien Matte, coordinateur d’urgence de Médecins sans frontières à Rangoun, dénonce le manque d’effectif : "Pour l’instant il n’y a que très peu de travailleurs humanitaires internationaux sur le terrain, on est une petite dizaine depuis quelques jours".

Selon l’ONU, seul un quart des rescapés ont pu recevoir de l’aide humanitaire. Quatre bâtiments de la marine américaine, chargés de secours, sont en attente à la limite des eaux territoriales birmanes, ainsi que le Mistral, navire français chargé de 1 000 tonnes d’aide. 

 

Une première depuis 1964

 

Le déplacement de Ban Ki-Moon constitue la première visite d'un secrétaire général de l'ONU en Birmanie depuis 1964. La junte au pouvoir s’est toujours montrée méfiante à l’égard des occidentaux. Depuis plus de dix ans, le régime est frappé par des sanctions américaines et européennes qui ont été renforcées après la répression, en septembre 2007, d'un mouvement de protestation conduit par des moines bouddhistes.

 
La Birmanie est l'un des pays les plus pauvres au monde, avec un revenu par an et par habitant bien plus faible qu'au Cambodge ou au Laos voisins, alors qu’il dispose de ressources naturelles importantes, notamment en gaz.

Par ailleurs, une conférence des donateurs, organisée par l'Onu et l'Association des nations du sud-est asiatique, doit se tenir dimanche à Rangoun. La junte réclame 11 milliards de dollars, mais comme le souligne Cyril Payen, plusieurs pays donateurs doutent de la bonne foi du régime birman : "On ne sait pas où va aller cet argent, il y a un grand souci de transparence pour éviter la corruption et les détournements."

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