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Le général Michel Sleimane élu président

Le général Michel Sleimane a été élu président du Liban par les députés, première étape de la remise en marche du pays après 18 mois de crise politique et des violences meurtrières. (Récit P. Robert)

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Les députés libanais ont élu Michel Sleimane à la tête du pays. Il s’agit d’un premier pas vers la fin d’une crise politique qui a laissé le Liban profondément divisé et sans président depuis novembre.

Habillé en civil, veste noire et cravate grise, le nouveau président s'est levé devant les députés après avoir reçu l'investiture du président du Parlement, Nabih Berri.

Au début de son discours, le nouveau chef d'Etat a requis une minute de silence en mémoire des martyrs de la Nation. Il a ensuite présenté les principales lignes de sa politique appelant à dynamiser les institutions constitutionnelles en référence aux accords de Taef (réforme de la Constitution en 1990). Il a également appelé à dresser un chantier de réformes dans les domaines politiques, économiques et sociaux.

Michel Sleimane a assuré qu'il chercherait à établir des relations amicales et à instaurer des relations diplomatiques avec la Syrie, l'ancienne puissance de tutelle qui soutient l'opposition libanaise et n'a pas de relation diplomatique avec son voisin.

"Nous chérissons nos relations avec les pays arabes et recherchons des relations fraternelles avec la Syrie, basées sur la souveraineté mutuelle et sur l'indépendance", a ajouté le nouvel élu.

"Nous confirmons à nouveau notre engagement et notre respect envers toutes les résolutions de l’ONU", a-t-il assuré, en rappelant l’implication et la contribution du Liban au tribunal international sur la mort de Rafic Haririri.

Homme de la conciliation, il a affirmé que le Liban devait mettre en place une stratégie de défense pour faire face aux violations du territoire libanais par Israël et pour libérer le petit territoire frontalier des Fermes de Chebaa.

Le nouveau président a également déclaré que “les armes devait être uniquement tournées vers l’ennemi et qu'il ne serait pas accepté qu’elles soient utilisées à l’intérieur du pays". Une manière à peine détournée de régler le dossier des armes du Hezbollah.

Enfin, concernant les Libanais de l’étranger, Sleimane a déclaré qu’il fallait reconnaître leurs droits.

"Un mariage de réconciliation" entre sunnites et chiite

Ce scrutin arrive six mois après le départ du pro-syrien Emile Lahoud.

Alors que les factions rivales s'accusent mutuellement de servir des puissances étrangères, la crise politique libanaise ressemblait de plus en plus à un prolongement de la fracture qui sépare musulmans sunnites et chiites dans tout le Moyen-Orient, et de celle qui oppose les Occidentaux - notamment les Etats-Unis - à l'Iran et à la Syrie.

La population, lassée de l'incapacité de ses dirigeants à régler la crise politique qui paralyse le pays, voit dans la cérémonie de dimanche un "mariage de réconciliation".

La liste des invités était à la hauteur des espoirs de rapprochement. Elle comptait environ 200 dignitaires parmi lesquels le secrétaire général de la Ligue arabe Amr Mussa, une délégation du Congrès américain, les ministres des Affaires étrangères français, syrien et iranien, ainsi que l'émir du Qatar, le cheikh Hamad bin Khalifa al-Thani.

La médiation qatarie a permis la signature d'un accord lors de négociations à Doha du 16 au 21 mai, après des affrontements sanglants entre partisans sunnites de la majorité anti-syrienne et combattants chiites proches du Hezbollah, soutenu par la Syrie et l’Iran. Les combats ont fait 65 morts et poussé le Liban au bord de la guerre civile.

Un dirigeant neutre pour un pays divisé

L'élection d'un militaire à la magistrature suprême pourrait susciter l'inquiétude. Au Liban, cependant, Michel Sleimane est vu comme un candidat de compromis à la fois par la majorité anti-syrienne, conduite par Saad Hariri, le fils de l'ex-Premier ministre libanais assassiné Rafic Hariri, et par l'opposition emmenée par le Hezbollah.

Sleimane, un chrétien maronite auréolé de 30 ans de carrière militaire, jouit d’une image politique neutre.

"L'armée est ma vie et j'ai toujours essayé de la protéger des conflits politiques et confessionnels, dans un pays où l'organisation politique repose sur le confessionnalisme", déclarait Sleimane à FRANCE 24 en avril. "Je ne la laisserai pas se diviser."

Comme toutes les institutions du pays, l'armée libanaise est construite sur un modèle confessionnel destiné à assurer l'équilibre des pouvoirs entre les 18 communautés religieuses du pays.

La pression sur celui qui doit réunifier le Liban est immense. Quelques jours avant son élection, Sleimane a appelé les Libanais à le soutenir. "Je ne peux pas sauver mon pays tout seul", a-t-il déclaré dans le quotidien d'opposition As-Safir. Cette mission nécessite les efforts de tous."

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