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ZIMBABWE - ELECTIONS

Morgan Tsvangirai de retour au Zimbabwe

3 min

Après six semaines d'absence, Morgan Tsvangirai, le chef de l'opposition zimbabwéenne, est rentré samedi à Harare pour lancer sa campagne électorale en vue du second tour du scrutin présidentiel. (Récit : C. Molle-Laurençon)

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Le chef de l'opposition zimbabwéenne, Morgan Tsvangirai, absent de son pays depuis plus de six semaines, est rentré samedi à Harare pour préparer le second tour de l'élection présidentielle contre le chef de l'Etat Robert Mugabe, écartant l'idée d'un gouvernement d'unité.

"Aucun gouvernement d'unité nationale n'est envisagé. Il y a eu beaucoup de spéculations, mais je ne vois pas comment cela serait réalisable", a déclaré M. Tsvangirai à la presse, peu après son arrivée à Harare.

"Mugabe ne remportera pas le second tour, cela ne fait pas l'ombre d'un doute", a-t-il lancé, estimant qu'en lâchant ses troupes contre les opposants le président "n'a réussi qu'à se faire rejeter davantage encore par le peuple".

M. Tsvangirai a réitéré son appel à un déploiement d'observateurs "ou autres forces de maintien de la paix" d'Afrique australe, qu'il souhaite voir se réaliser d'ici au 1er juin, soit un mois avant le second tour prévu le 27.

"Un déploiement d'observateurs et de forces de maintien de la paix qui se ferait deux semaines avant le scrutin n'aurait aucun effet", a-t-il martelé.

Les violences politiques qui ont éclaté depuis la défaite historique du régime Mugabe aux élections générales du 29 mars ont fait une quarantaine de morts, un millier de blessés et des milliers de déplacés, selon l'opposition et des organisations humanitaires.

Selon le représentant de l'ONU au Zimbabwe, la majorité des violences sont le fait de partisans du régime, même si des sympathisants du Mouvement pour le changement démocratique (MDC, opposition) sont aussi à blâmer.

Pour la première fois depuis l'indépendance de l'ex Rhodésie du Sud en 1980, l'opposition a emporté la majorité à la Chambre des députés et son leader a devancé le chef de l'Etat au premier tour de la présidentielle, organisée simultanément.

M. Tsvangirai, qui avait revendiqué une majorité absolue au premier tour, a accepté d'affronter Robert Mugabe à un deuxième tour après la publication des résultats officiels, qui lui donnent 47,9% contre 43,2% au plus âgé des chefs d'Etat d'Afrique, 84 ans dont 28 au pouvoir.

Parti du Zimbabwe quelques jours après les élections pour rallier des soutiens internationaux, il avait d'abord annoncé son retour au Zimbabwe pour le 17 mai, avant de l'annuler à la dernière minute, invoquant un complot d'assassinat qui le viserait.

Aucun observateur occidental n'avait pu assister au premier tour. Le Zimbabwe n'avait invité que 47 équipes d'organisations régionales et de pays amis comme la Chine, la Russie et l'Iran.

Pendant son absence, qui a soulevé des doutes sur ses capacités de dirigeant, l'opposant, âgé de 56 ans, a fait la tournée des dirigeants de la région pour tenter de les convaincre de pousser Robert Mugabe à se retirer.

Ce dernier a admis que le résultat de la présidentielle avait été "désastreux" mais a reproché à l'opposition de mener "une croisade du mal". Le régime a souvent accusé le MDC de comploter avec l'ex puissance coloniale britannique.

De retour chez lui, M. Tsvangirai est désormais en première ligne face au régime.

Passé à tabac en 2007 par la police, il a été deux fois traduit en justice pour trahison ces dernières années. Accusé de vouloir "renverser" le régime après avoir appelé à manifester, il avait bénéficié d'un abandon des poursuites par l'Etat. Jugé pour "complot" contre Robert Mugabe, il avait été acquitté.

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