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Bemba est derrière les barreaux à Bruxelles

En attendant son transfert vers la Cour pénale internationale de La Haye, Jean-Pierre Bemba est "sous mandat d'arrêt", en détention dans une prison de Bruxelles. Les réactions à Kinshasa sont vives. (Analyse A. Zajtman)

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Fin de cavale pour l'opposant congolais en exil Jean-Pierre Bemba. L’ancien chef de guerre est derrière les barreaux d’une prison belge, en attente de transfèrement à la Cour pénale internationale (CPI), qui l’accuse de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité. 

Ce dirigeant du Mouvement de libération du Congo (MLC), un groupe armé financé par l’Ouganda pendant la guerre civile en ex-Zaïre (1998-2003), est soupçonné d’avoir commis des actes de torture, des viols, des traitements humiliants et dégradants sur le territoire de la République centrafricaine, entre octobre 2002 et mars 2003.

Fin 2002, Jean-Pierre Bemba contrôlait le nord du Congo qui était en guerre. Lui et ses hommes dépendaient de la République centrafricaine pour ses approvisionnements. "Soudain, le régime en place est menacé et Bemba vole au secours du président Ange Félix Patassé", rappelle Arnaud Zajtman, correspondant de FRANCE 24 à Kanshasa. "Ses hommes se livrent alors à des exactions terribles : des pillages, des viols massifs, des destructions. C’est de cela dont Bemba devra répondre. C’est pour la CPI un joli coup de filet, et cela lui permet de réaffirmer sa crédibilité. Jusque là, elle n’avait arrêté que des miliciens de second rang."

Conséquences politiques

Cette décision judiciaire a suscité de vives réactions en République démocratique du Congo.

Converti à la politique, Jean-Pierre Bemba était le principal opposant de Joseph Kabila lors des élections de 2006. "Pour le Congo, c’est un haut responsable politique qui est arrêté", analyse François Grignon, directeur du département Afrique de l'International Crisis Group, interrogé par FRANCE 24. "Bemba était le leader naturel de l’opposition congolaise. Depuis plus d’un an maintenant, il était en exil en Europe, car il disait que sa sécurité n’était pas garantie au Congo suite au désarmement forcé de la milice qui assurait sa garde."

L’arrestation de Bemba aura donc des conséquences politiques. D’après François Grignon, "on se trouve dans une situation où l’opposition politique face à Joseph Kabila est affaiblie. Et la CPI va être perçue à Kinshasa comme ayant encore renforcé le pouvoir de Kabila et avoir fait un gros cadeau au président."

Accusation que récuse la Cour internationale. "Je peux vous dire que la CPI est une institution judiciaire internationale indépendante, on n’est pas influencé par les développements politiques. Les seuls éléments qui mènent aux choix de nos affaires, ce sont les éléments de preuve", affirme Hala al-Amine, juriste à la Cour internationale.

La vie politique centrafricaine pourrait également être bouleversée. "Dans un an, un dialogue politique est prévu en République centrafricaine, explique Arnaud Zajtman. Si la CPI parvient à jeter la lumière sur les événements qui se sont déroulés entre fin 2002 et début 2003, c’est Ange-Félix Patassé et son camp qui risquent d’être écartés du prochain dialogue politique."
    
Prochaines étapes judiciaires
  
A présent, la Belgique doit mettre en place un processus d’extradition puis de transfèrement vers les prisons de la CPI, à un moment où ses relations avec la RDC sont au plus mal. “Il n’y a pas de raison de croire que la procédure d’extradition ne sera pas mise en place. Un pays qui a exécuté le mandat d’arrêt aussi rapidement devrait continuer de coopérer avec la Cour", explique Sonia Robla, porte-parole de la Cour pénale internationale.

Depuis plusieurs semaines, les relations avec la Belgique sont de plus en plus tendues. En réponse à des propos tenus par le ministre des Affaires étrangères belge, la RDC a rappelé son ambassadeur, samedi, et fermé son consulat à Anvers.

La justice belge a décidé, dimanche, de maintenir l'ancien vice-président de la République démocratique du Congo en détention. Le juge d'instruction a placé M. Bemba "sous mandat d'arrêt", ce qui signifie qu’il doit être maintenu en prison.

La Chambre du conseil devra examiner dans les cinq jours cette décision du juge, pour vérifier que la procédure est conforme. M. Bemba pourra ensuite faire appel de la décision de le maintenir en détention avant son extradition vers La Haye.

L’arrestation, samedi à Bruxelles, de l’ancien vice-président de la République démocratique du Congo a eu lieu un jour à peine après l’émission par la CPI d’un mandat d’arrêt international. Selon la porte-parole de la CPI, la procédure particulièrement expéditive qui a mené à l’arrestation de M. Bemba était due au "risque de fuite" qu’il présentait.

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