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L'ONU accuse la Russie d'avoir détruit un drone géorgien

L'ONU corrobore les accusations de Tbilissi, selon lesquelles Moscou aurait détruit un de ses drones, en avril dernier. L'affaire avait tendu un peu plus les relations, déjà très conflictuelles, entre la Russie et la Géorgie.

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Un rapport de l'ONU à paraître conclut que c'est bien un avion de chasse russe qui a abattu un drone géorgien fin avril au-dessus de la région séparatiste géorgienne pro-russe d'Abkhazie, a affirmé lundi un responsable géorgien, envenimant la crise entre Moscou et Tbilissi.

Les éléments fournis à la mission d'observation de l'ONU en Géorgie (Monug) "conduisent à la conclusion que l'avion appartenait à l'armée de l'air russe", selon ce texte obtenu par l'AFP à Tbilissi et confirmé par un responsable du gouvernement géorgien quelques heures avant sa publication.

La Géorgie accusait depuis des semaines Moscou d'avoir envoyé le 20 avril un bombardier Mig 29 abattre un de ses drones en mission au-dessus de l'Abkhazie. Moscou a toujours démenti et n'a pas réagi dans un premier temps à ce rapport.

La mission de la Monug a confirmé à l'AFP qu'elle s'apprêtait à publier un rapport à ce sujet lundi soir, mais s'est refusée à confirmer l'authenticité du texte diffusé lundi.

Le rapport évoque la possibilité que l'avion de combat en cause soit un Mig-29 ou un Su-27. Il est essentiellement basé sur des images radars et vidéos fournies par la partie géorgienne, permettant de conclure qu'après avoir abattu le drone, l'avion "est parti vers le nord... vers l'espace aérien russe".

La Monug assure s'être assurée de "l'authenticité" de la vidéo, qui n'a subi "aucune manipulation".

Insistant sur le professionnalisme de sa mission, formée de pilotes et spécialistes aériens, la Monug déplore le manque de coopération des Abkhazes.

"Ils ont néanmoins laissé la Monug accéder aux débris récoltés après les incidents du 18 mars, du 20 avril et du 12 mai", dates auxquelles les Abkhazes ont affirmé avoir abattu des drones géorgiens, souligne le rapport.

L'Abkhazie affirme en effet avoir déjà abattu au cours des deux derniers mois six drones géorgiens au-dessus de son territoire, des incidents démentis par la Géorgie à l'exception de celui du 20 avril.

La mission de l'ONU critique également le fait que la Géorgie envoie des drone dans le ciel abkhaze, en violation du cessez-le-feu signé avec l'Abkhazie dans les années 1990 au terme d'un conflit armé contre Tbilissi.

Moscou accuse elle aussi la Géorgie d'alimenter les tensions en faisant voler des drones en "zone interdite", au-dessus du territoire abkhaze. La Géorgie, qui veut faire rentrer les régions séparatistes dans son giron, répond qu'elle continuera à survoler ce qu'elle considère comme son espace aérien.

Ce rapport de l'ONU risque d'envenimer un peu plus les relations entre Moscou et Tbilissi alors que l'Assemblée générale de l'ONU a adopté à la mi-mai une résolution qui reconnaît "le droit de tous les réfugiés" géorgiens, qui sont 250.000 à avoir fui dans les années 1990, à revenir en Abkhazie.

La communauté internationale s'est déjà inquiétée ces dernières semaines d'un risque de guerre russo-géorgienne autour de l'Abkhazie.

L'ambition de la Géorgie de rejoindre l'Otan, qui exaspère la Russie, joue un rôle sous-jacent dans le conflit entre Tbilissi et Moscou, qui accuse l'Otan de "déstabiliser" le Caucase en aidant militairement la Géorgie.

La Géorgie, furieuse de l'annonce en avril par Moscou d'un renforcement de sa coopération avec les séparatistes, accuse pour sa part la Russie de vouloir annexer les régions d'Abkhazie et d'Ossétie du Sud.

La Russie a augmenté les effectifs de ses forces de maintien de la paix en Abkhazie, les portant de 2.000 à 2.500 hommes, en affirmant que la Géorgie préparait une invasion pour reprendre le contrôle de ce territoire.
 

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