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Paris renonce à débarquer son aide en Birmanie

La France se dit "choquée" que la junte birmane refuse l''aide transportée par le navire de guerre Mistral pour les rescapés du cyclone Nargis. Elle sera finalement déchargée en Thaïlande. Ecoutez notre correspondant à Bangkok Cyril Payen.

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La France a renoncé à décharger un navire militaire d'aide en Birmanie, face au refus des autorités birmanes, et achemine cette cargaison en Thaïlande, selon les ministères de la Défense et des Affaires étrangères qui se sont dits dimanche "particulièrement choqués" par l'attitude de la junte.

"La France rappelle que rien à ses yeux ne saurait justifier que les victimes d'une catastrophe se voient dénier le droit élémentaire à bénéficier de l'aide nécessaire", ont déclaré ces ministères dans un communiqué.

Les 1.000 tonnes d'aide du Mistral, un navire de la Marine nationale, vont être déchargées à Phuket, en Thaïlande, et confiées au Programme alimentaire mondial (PAM) pour que cette agence les achemine aux sinistrés du cyclone Nargis, précise le texte.

Les deux ministères ont déclaré être "particulièrement choqués que les autorités birmanes n'aient pas accepté que les 1.000 tonnes d'aide humanitaires à bord du Mistral et disponibles en face du delta de l'Irrawady depuis le 17 mai puissent être directement débarquées et distribuées".

Paris souligne qu'il "s'agit pourtant de la zone où se trouve le plus grand nombre de sinistrés" du cyclone Nargis qui a provoqué "une des plus grandes catastrophes naturelles" de l'histoire du pays.

Nargis a déjà fait au moins 133.600 morts et disparus et 2,4 millions de sinistrés.

L'aide française permet de secourir 100.000 personnes et d'offrir un abri à 60.000 sinistrés, ainsi qu'un soutien médical, pendant 15 jours.

La décision française intervient alors qu'une conférence internationale des pays donateurs s'est tenue dimanche à Rangoun.

Lors de cette rencontre, la communauté internationale a pressé la Birmanie de sauver les rescapés du cyclone en laissant, comme promis, entrer tous les humanitaires étrangers, alors que la junte espérait des milliards de dollars pour la reconstruction.

Commentant cette conférence, les ministères français ont indiqué qu'il semblait "prématuré à ce stade de privilégier un processus de reconstruction, la phase d'urgence pouvant durer encore des mois". "Une évaluation indépendante des besoins est nécessaire en matière de reconstruction", ajoute ce texte.

Les ministères de la Défense et des Affaires étrangères ont enfin souligné l'attachement de la France "à la mise en oeuvre du principe de +responsabilité de protéger+ en toutes circonstances".

Le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner, défenseur du devoir d'ingérence, avait déjà vivement dénoncé les autorités birmanes, coupables selon lui de "non assistance à personnes en danger de mort".

Le président Nicolas Sarkozy avait qualifié samedi de "profondément lamentable" le refus de la junte de laisser le Mistral décharger son aide.

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