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Ali Larijani à la tête du nouveau parlement iranien

L'ex-négociateur du dossier nucléaire iranien, Ali Larijani, qui avait quitté cette fonction en raison de désaccords avec le président Mahmoud Ahmadinejad, a été élu par les députés à la tête du nouveau parlement.

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L'ex-négociateur du dossier nucléaire iranien, Ali Larijani, qui avait abandonné cette fonction voilà sept mois en raison de désaccords avec le président Mahmoud Ahmadinejad, est revenu en force sur le devant de la scène politique en prenant mercredi la tête du nouveau parlement.

Dans son premier discours devant les députés, M. Larijani, un conservateur, a insisté sur la nécessité d'avoir "un parlement puissant, courageux et efficace".

Il a surtout lancé un avertissement voilé au gouvernement de M. Ahmadinejad en disant s'appuyer sur un discours du guide suprême Ali Khamenei qui, selon lui, a insisté "sur le fait que le parlement guide l'action du gouvernement et que ce dernier ne doit en aucun cas enfreindre les lois".

Le chef de l'Etat ultraconservateur avait critiqué à plusieurs reprises le parlement sortant, pourtant contrôlé par les conservateurs, en refusant d'appliquer certaines lois et en lui reprochant de ne pas adopter les projets présentés par son cabinet.

M. Ahmadinejad a évité de féliciter directement M. Larijani pour son élection. Il s'est contenté de remarquer qu'"il s'agit d'une décision du Parlement et nous accueillons favorablement toute décision qu'il prend".

Le nouveau chef du Parlement a en revanche reçu de vive voix les félicitations du diplomate en chef de l'UE, Javier Solana, qui a confirmé son intention d'aller "bientôt" à Téhéran.

M. Larijani a été élu par 232 députés sur les 263 ayant participé au scrutin, l'assemblée en comptant au total 290. Ce soutien lui donne les coudées franches pour renforcer le rôle du parlement élu en mars et dominé par les conservateurs.

Pour M. Larijani, le parlement et le gouvernement doivent créer un "groupe de travail commun" pour régler les problèmes en cas de désaccords afin d'"éviter que les relations entre les deux pouvoirs ne se fragilisent".

"La situation économique est la principale préoccupation des gens. Nous espérons avoir un parlement actif pour mettre de l'ordre dans l'économie", a-t-il ajouté.

M. Ahmadinejad est très critiqué, y compris chez les conservateurs, pour sa politique économique qui a abouti à une inflation annuelle de plus de 24%.

A la tête d'une liste nationale présentée par les conservateurs critiques à l'égard du gouvernement lors des législatives, M. Larijani, 50 ans, a été élu confortablement dans la ville sainte de Qom, où il bénéficiait du soutien des dignitaires religieux.

Né dans la ville sainte chiite de Najaf (Irak), fils d'une haute personnalité religieuse, le grand ayatollah Haj Mirza Hashem Amoli, il est considéré comme un concurrent sérieux de M. Ahmadinejad à la présidentielle de 2009.

En 2005, M. Larijani avait échoué dans la course à la présidence contre Mahmoud Ahmadinejad, avant d'être nommé en août secrétaire du Conseil suprême de la sécurité nationale et, à ce titre, en charge du dossier nucléaire.

Représentant du guide suprême au sein du Conseil, un titre qu'il conserve encore, il avait incarné la rupture avec la politique de l'ancienne équipe de négociateurs iraniens sur le nucléaire, jugée trop conciliante.

Il avait rencontré à plusieurs reprises, mais en vain, M. Solana pour régler la crise liée au programme nucléaire controversé de l'Iran.

Grand et maigre, portant toujours une barbe et des lunettes foncées, Ali Larijani est considéré comme un proche de l'ayatollah Khamenei.

Entre 1994 et 2004, à la tête de la puissante radio-télévision d'Etat, il avait certes autorisé la diffusion de films étrangers, et même américains, mais sans hésiter à les censurer.

Auparavant, il avait été vice-ministre des Gardiens de la révolution et chef de l'état-major de cette garde prétorienne du régime. Il avait aussi occupé le poste de ministre de la Culture du président Akbar Hachémi Rafsandjani au début des années 1990.

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