TRANSPORT - AVION

Bon vent aux billets d'avion en papier !

Les 240 compagnies aériennes membres de l'Association internationale du transport aérien (Iata) n'émettent plus de billets papier. Le ticket électronique, désormais obligatoire, devrait permettre de larges économies. (Récit : P. Paccard)

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Le billet d'avion en papier sera définitivement enterré le 1er juin, date butoir que l'Association internationale du transport aérien (Iata) a fixé à ses 240 compagnies membres pour passer au ticket électronique.

Les passagers y ont tout à gagner, estiment les compagnies aériennes: ils n'ont plus à craindre la perte de leur billet, pourront modifier plus facilement les dates ou l'itinéraire de leur vol et éviteront la queue grâce aux bornes en libre-service permettant de s'enregistrer.

Si l'Iata affirme être prête pour atteindre l'objectif "zéro papier", programmé dès 2004, l'entrée dans l'ère du tout numérique ne devrait cependant pas se faire sans quelques accrocs, redoutent les représentants des agents de voyage européens.

"Il y a encore des problèmes administratifs à régler, mais nous espérons que tout se passera mieux qu'à Heathrow", commente Michel de Blust, secrétaire général de l'Ectaa, qui regroupe les associations d'agents de voyage de 29 pays européens.

Fin mars, des incidents techniques avaient fait virer au cauchemar l'entrée en service du terminal 5 de l'aéroport londonien, les passagers se retrouvant confrontés à l'annulation de plusieurs centaines de vols.

Outre un éventuel bug informatique dans les systèmes de réservation, M. de Blust redoute des retards à l'allumage dans la mesure où "au moins 5% des compagnies aériennes n'ont pas encore basculé leur système".

Fin février, 94% des adhérents de l'Iata avaient déjà banni le papier de leur billetterie, fait valoir l'association aérienne. L'Afrique était toutefois à la traîne avec 87% seulement de compagnies passées à l'électronique, contre 97% en Amérique du Nord et 95% en Europe.

Plus de 400 millions de billets aériens sont émis chaque année par les agences de voyages affiliées au système de distribution de l'Iata, et en avril, seulement 5% étaient en papier.

"A partir du 1er juin, aucune agence de voyage ne pourra émettre un billet papier. Un billet traditionnel établi avant cette date sera accepté dans la limite de sa date de validité", a précisé un porte-parole de l'Iata.

"Les agences de voyages auront temporairement un surcroît de travail, mais une fois que le nouveau système sera rodé, cela va simplifier leur vie", estime Jean-Pierre Mas, représentant du Syndicat national des agences de voyage (Snav) en France.

En Suisse, le voyagiste Kuoni "ne voit que des points positifs" dans le passage à l'électronique: "il y aura moins de coûts, moins de papier à acheter et plus de frais postaux", a estimé un porte-parole.

Selon les calculs de l'Iata, la disparition du papier permettra à ses membres d'économiser 3 milliards de dollars par an. Un ticket électronique revient à un dollar en moyenne, contre 10 dollars pour le billet traditionnel.

Le gain sera aussi d'ordre écologique, la mesure se traduisant par la survie de 50.000 arbres par an, affirme l'association, dont les membres assurent 94% du trafic aérien international.

Sur un plan commercial, la réforme devrait contribuer à redistribuer les cartes dans le secteur très disputé de la vente de billets secs (sans séjour), qui représente toujours une grande part de l'activité des agences de voyage.

"Les passagers peuvent gérer eux-mêmes leurs billets sans avoir besoin de passer par une agence de voyage pour leur émission", relève Didier Bréchemier, consultant du cabinet Roland Berger. Pour lui, "internet devrait ainsi continuer à prendre des parts de marché sur la distribution en agences".
 

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