MACEDOINE - LEGISLATIVES

L'UE exige un nouveau vote dans plusieurs villes

Alors que les conservateurs arrivent en tête des élections législatives en Macédoine, Javier Solana, diplomate en chef de l'Union européenne, a demandé qu'un nouveau scrutin soit organisé dans les villes où se sont produites des violences.

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Les Macédoniens ont voté dimanche lors de législatives anticipées entachées de violences qui ont fait un mort et neuf blessés dans des zones à population albanaise, alors que le scrutin était considéré comme un test de maturité politique du pays.

Une personne a été tuée et deux autres blessées lorsqu'une patrouille de police a essuyé des tirs à Aracinovo, un village albanais à 10 km au nord de Skopje, selon la police.

De violents incidents ont également eu lieu à Skopje dans un quartier albanais ou sept personnes ont été blessées.

Le vote a été du être interrompu à Aracinovo et dans une vingtaine de bureaux de vote, a indiqué à l'AFP Zoran Tanevski, responsable de la Commission électorale.

L'Union européenne (UE) qui suivait attentivement ces élections, a vivement condamné les violences et le diplomate en chef de l'UE, Javier Solana, a demandé qu'un nouveau scrutin soit organisé dans les bureaux de vote où il y a eu des incidents.

La Commission européenne a indiqué dans un communiqué être "très préoccupée par l'utilisation de la violence pendant les élections dans le pays".

Les élections en Macédoine ont souvent été marquées par des incidents et ces législatives étaient à nouveau considérées comme un test de maturité politique du pays.

Bruxelles qui doit décider dans les prochains mois d'ouvrir ou non des négociations d'adhésion à l'UE avec Skopje, avait prévenu la Macédoine que la tenue d'élections équitables est "un critère essentiel pour l'appartenance à l'UE". La Macédoine est candidate à l'adhésion depuis fin 2005.

Le président macédonien Branko Crvenkovski a rapidement condamné les violences soulignant qu'elles "n'avaient pas leur place dans une société démocratique".

La campagne électorale avait déjà été ponctuée de violents incidents notamment dans l'ouest du pays où les Albanais - environ 25 % d'une population de quelque 2 millions d'habitants - sont majoritaires.

En 2001, une rébellion albanaise avait mis la Macédoine au bord de la guerre civile. Celle ci avait été évitée grâce aux accords d'Ohrid signés la même année sous l'impulsion de la communauté internationale.

Quelque 1,7 million d'électeurs étaient appelés à choisir parmi 1.540 candidats leurs 120 députés. Les bureaux de vote ont fermé à 19H00 (17H00 GMT) et le taux de participation était de 45,9% à 17H00 (15H00 GMT), selon la commission électorale.

Le scrutin était surveillé par 464 observateurs internationaux et par 5.811  observateurs locaux.

Les premiers résultats étaient attendus vers 21H00 (19H00 GMT), a indiqué à M. Tanevski.

Le Premier ministre sortant Nikola Gruevski a convoqué ces législatives anticipées après l'échec de la candidature de la Macédoine à l'Otan en raison d'un veto grec lié au différend entre Athènes et Skopje sur le nom de l'ex-république yougoslave.

Le parti de M. Gruevski le VMRO-DPMNE (conservateur), crédité de plus de 30% des intentions de vote, espère atteindre la majorité absolue, pour mettre en oeuvre les réformes demandées par Bruxelles avant les négociations d'adhésion à l'UE.

M. Gruevski espère également réduire l'influence du DPA, le Parti démocratique albanais, partenaire du VMRO-DPMNE dans la précédente coalition gouvernementale.

La recherche d'un compromis avec la Grèce sur le nom de la Macédoine sera une des taches prioritaires du gouvernement qui sera formé après les législatives.

Athènes considère que le nom de Macédoine appartient à son patrimoine historique et pourrait, après avoir bloqué l'adhésion à l'Otan, se dresser sur sa route de l'ex-république yougoslave vers l'UE.

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