ETATS-UNIS - PRIMAIRES

Obama prend de nouveau ses distances avec un religieux

Barack Obama a décidé de prendre une nouvelle fois ses distances avec un religieux. Ce dernier, prêtre de la paroisse de Chicago à laquelle Obama appartenait depuis une vingtaine d'années, s'en est pris à Hillary Clinton.

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Le démocrate Barack Obama a décidé samedi de rompre avec la paroisse de Chicago à laquelle il appartenait depuis une vingtaine d'années, après une nouvelle polémique qui pourrait nuire à sa course à l'élection présidentielle de novembre.

"Michelle (l'épouse de Barack Obama) et moi avons dit au révérend Otis Moss que nous nous retirions de Trinity", a déclaré M. Obama lors d'un meeting électoral dans le Dakota du sud.

"Ce n'est pas une décision que j'ai prise à la légère et franchement c'est une décision que je prends avec une certaine tristesse", a ajouté le sénateur de l'Illinois, soulignant que c'était "la bonne chose à faire dans l'intérêt de l'église et de notre famille".

Cette rupture intervient seulement quelques jours après qu'un prêtre catholique, le père Michael Pfleger, un ami de M. Obama, se soit attaqué à Hillary Clinton, la rivale du sénateur noir dans la course à l'investiture démocrate.

Une affaire qui tombe mal pour Barack Obama, apparemment sur le point de décrocher l'investiture du parti démocrate à la présidentielle de novembre, parce qu'elle donne des munitions à ses adversaires democrates comme républicains.

Invité dimanche dernier à s'exprimer devant la congrégation de Trinity, le père Pfleger, un blanc, s'était cruellement moqué de l'ex-première dame.

"Je crois vraiment qu'elle a toujours pensé 'c'est à moi, je suis la femme de Bill, il suffit que je me présente', et puis venu de nulle part, il arrive, 'salut, je suis Barack Obama'. Et elle s'est dit: 'oh, zut. D'où tu sors? Je suis blanche. J'y ai droit. Il y a un homme noir qui me vole mon dû'", avait dit le père Pfleger, un catholique blanc, avant de mimer de prétendus sanglots de Mme Clinton.

Dès la diffusion de ces propos, M. Obama s'était dit "profondément déçu par le discours de division et rétrograde du père Pfleger, qui ne correspond pas au pays que je vois ni au désir des gens à travers l'Amérique de se rassembler dans une cause commune", mais l'équipe de son adversaire Hillary Clinton avait jugé cette condamnation insuffisante.

Cette nouvelle polémique intervient un mois après que M. Obama eut rompu avec le pasteur Jeremiah Wright, l'ancien responsable de l'église United Trinity Church qui l'avait marié et avait baptisé ses filles.

Adepte de la "théologie de la libération noire", le pasteur Wright est prompt à dénoncer le racisme anti-noir selon lui à l'oeuvre dans les institutions américaines.

Les prêches incendiaires du pasteur Wright, dont des extraits ont été diffusés en boucle sur les chaînes d'information américaines pendant plusieurs jours, étaient pain béni pour les républicains et ont mis le sénateur sur la défensive.

Depuis qu'il avait condamné le pasteur Wright, M. Obama n'avait plus été vu dans cette église de la communauté noire de Chicago mais il a décidé de couper les ponts plus franchement samedi.

Tout en se disant très fier du travail accompli par l'église à travers la communauté, Barack Obama a jugé samedi "que maintenant que je suis candidat à la présidence, à chaque fois que quelque chose est dit dans l'église par quelqu'un associé de près ou de loin à Trinity, y compris des invités, ces remarques me seront imputées même si cela contredit totalement mes opinions de longue date, mes déclarations et mes principes".

"Notre foi reste forte et j'espère que nous allons trouver une autre église pour notre famille", a-t-il souligné.
 

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