PHOTOGRAPHIE - EXPOSITION

Disneyland saisi par Martin Parr

Depuis les années 80, le photographe Martin Parr sillonne le monde pour immortaliser des scènes de la vie de tous les jours. Aujourd'hui, c'est Disneyland Paris qui s'est plié aux clichés de ce photographe britannique et corrosif.

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C’est dans les allées d’Eurodisney que Martin Parr est allé photographier ses visiteurs. Petits et grands, famille ou non, tous sont ici en proie à leurs émotions. Avec la volonté de sasir ces petits instants de plaisir et d’enthousiasme qui font ce que Martin Parr appelle "le genre humain". Il se fond dans la foule armé de son objectif et arpente le parc pendant 48 heures "à la recherche de ces moments qui révèlent les gens : volubilité, plaisir, larmes, joie, la vie". Puisque selon lui, "à Disneyland, tout y est". Les clichés sont exposés au concept-store Colette, à Paris.
 
Entre photo-journalisme...


Martin Parr étudie la photographie en Grande-Bretagne à l’Ecole polytechnique de Manchester et se place dès ses débuts comme un photographe documentaire. Il rejoint la prestigieuse coopérative de photographie et photojournalisme Magnum dès 1994 : "Je tenais à faire parti de Magnum car au fond de moi je suis un populiste et je tiens à travailler avec ces valeurs". Il ajoute : "Les photographes de Magnum partent en croisade photographier la famine et la faim […], en ce qui me concerne je vais au supermarché du coin, c’est ma ligne de front".

 ... et photo-documentariste


Le territoire de Parr est absolument différent de celui des vétérans de l’agence Magnum. Si les uns interprètent les personnalités et évènements du monde entier à travers un objectif-témoin, Martin Parr lui, se consacre à une partie de la population.

 

En France, on parlerait familièrement d’univers de beauf, appellation pour le moins péjorative, en Grande-Bretagne, le terme common man, plus élégant, sera de mise. Celui qui se dit "fasciné par le quotidien ordinaire" photographie des scènes "idiotes" tout en repérant les faiblesses, le ridicule et souvent la bassesse des situations qu’il photographie.

 

Martin Parr ne perd pas une miette du spectacle que lui offre ses congénères et réalise une série de photographies, One Day One Trip, d’une cruauté acide, nous montrant des Anglais traversant la Manche pour acheter de l’alcool à Calais. Entre satire et cruauté, il réalise une autre série The Last Resort : des familles aux revenus modestes prennent leurs vacances en bord de mer près de Liverpool. Ici, ce qui devrait ressembler à un quartier d’été, passé au crible de Parr, prend soudain des airs de zone industrielle. Pour ne citer que celles-ci.

C’est avec cette ironie mordante et sa culture photographique que Martin Parr joue de son œil de fer et de son objectif pour dénoncer la consommation, le gaspillage et la vulgarité. Son approche du documentaire social, souvent cynique et corrosif, lui vaut une renommée internationale.

Aujourd’hui, l’agence de photographie Magnum a 60 ans. Soixante années consacrées à la défense des photographes et de leurs intérêts. Magnum, c’est 60 membres qui se partagent le monde pour le mettre tout entier en images.

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