ZIMBABWE - ITALIE

Robert Mugabe à Rome pour le sommet de la FAO

Le président du Zimbabwe Robert Mugabe a pu, grâce à une dérogation, se rendre en Italie pour assister au sommet de l'organisation de l'ONU pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), alors qu'il est interdit de séjour dans l'Union européenne.

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Le président du Zimbabwe Robert Mugabe, interdit de séjour dans l'Union européenne (UE), est arrivé dimanche soir à Rome pour participer au sommet de l'organisation de l'ONU pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), selon l'agence Ansa.

M. Mugabe, dont c'est le premier voyage à l'étranger depuis les élections générales du 29 mars au Zimbabwe, perdues par son parti, est arrivé vers 20H00 GMT à l'aéroport de Rome-Fiumicino à bord d'un avion de ligne de la compagnie Air Zimbabwe en provenance de Harare, selon la même source.

Robert Mugabe, qui ne peut accéder au territoire italien que grâce à une dérogation qui lui a déjà été accordée en 2005 pour une précédente réunion de la FAO, est accompagné de son épouse Grace et du ministre de l'Agriculture, Rugare Gumbo, selon la télévision d'Etat du Zimbabwe, ZTV.

M. Mugabe avait ainsi pu assister en octobre 2005 aux célébrations du 60e anniversaire de la FAO. Il avait profité de l'occasion pour attaquer depuis la tribune de l'agence spécialisée de l'ONU les dirigeants américain George W. Bush et britannique Tony Blair, les décrivant comme "les deux personnes néfastes de notre millénaire qui, à la manière de Hitler et Mussolini, ont formé une alliance impie pour attaquer des pays innocents".

La FAO organise à Rome du 3 au 5 juin un sommet sur la sécurité alimentaire en présence de nombreux dirigeants, dont le Français Nicolas Sarkozy, le Brésilien Luiz Inacio Lula da Silva, l'Iranien Mahmoud Ahmadinejad, le Japonais Yasuo Fukuda, l'Espagnol José Luis Rodriguez Zapatero, le Sénégalais Abdoulaye Wade ou le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon.

Au Zimbabwe, le secteur agricole s'est effondré depuis une réforme agraire lancée en 2000 pour redistribuer les terres à la majorité noire.

Le réforme, menée dans la violence, a conduit au départ de plus de 4.000 fermiers blancs dont les terres ont été redistribuées à des proches du régime ou à des petits paysans sans qualification, qui n'ont pas su ou pas pu maintenir la production.

Autrefois grenier à céréales de la région, le Zimbabwe importe désormais des centaines de milliers de tonnes de maïs de pays voisins comme le Malawi ou la Zambie.

Le marasme économique se caractérise également par une hyperinflation annuelle qui atteint près de 165.000% et que le gouvernement a tenté de juguler en imposant un contrôle des prix il y a un an.

Les producteurs, incapbles de couvrir leurs coûts aux prix fixés, ont encore réduit leur production et des produits de base comme le beurre ou le pain sont devenues des denrées rares.

Le chef de l'opposition, Morgan Tsvangirai, qui affrontera M. Mugabe au second tour de l'élection présidentielle le 27 juin, a encore accusé vendredi le chef de l'Etat d'avoir plongé le pays "dans un état désespéré".

De son côté, le régime attribue ses déboires aux sanctions occidentales, adoptées après la réelection de M. Mugabe en 2002 et qui, outre l'interdiction d'accès au territoire de nombreux pays, gèlent les avoirs financiers du président et de ses proches à l'étranger.

"Avec des sanctions directes et indirectes, vous ne pouvez pas avoir une économie qui fonctionne normalement", a assurait encore vendredi le ministre de la Justice, Patrick Chinamasa, un proche du chef de l'Etat.

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