PETROLE - EUROGROUPE

Scepticisme sur le plafonnement de la TVA sur le pétrole

Jean-Claude Juncker, président de l'Eurogroupe, a déclaré que la proposition de Nicolas Sarkozy de plafonner la TVA sur les produits pétroliers "ne correspond[ait] pas tout à fait à l'inclination générale." (Récit S. Bähr)

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PARIS, 1er juin (Reuters) - La proposition de Nicolas Sarkozy de plafonner la TVA sur les produits pétroliers sera sans doute discutée par l'Eurogroupe mais elle n'a guère de chances de prospérer, a déclaré dimanche Jean-Claude Juncker.


"Le président de la République a lancé une idée. Je crois que cette idée ne correspond pas tout à fait à l'inclination générale. Mais comme moi je ne veux pas tuer le débat, nous allons sans aucun doute discuter des propositions françaises", a dit le président de l'Eurogroupe sur France Inter.


"Le moins, c'est qu'on en discute", a-t-il ajouté à la veille d'une réunion des ministres des Finances de la zone euro.


En cause, la proposition avancée la semaine dernière par Nicolas Sarkozy de suspendre la part TVA sur le prix du pétrole
à partir d'un certain seuil pour faire face à la flambée des cours du brut pour certaines professions, comme les marins-pêcheurs.


Le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, Joaquin Almunia, a exclu un tel mécanisme, rappelant la décision de l'UE de ne pas baisser les taxes sur le carburant dans un contexte d'inflation élevée.


Le Premier ministre français François Fillon a tancé vendredi Bruxelles pour son négativisme, regrettant son rejet
sans discussion d'un gel de la TVA sur les produits pétroliers au niveau de l'UE.


"Nous n'aimons pas beaucoup qu'on nous dise 'non' avant même d'avoir discuté des questions qui sont posées", a-t-il dit.


Jean-Claude Juncker a expliqué que les pays qui s'opposent au plafonnement de la TVA considèrent que, de toute façon, les produits pétroliers "vont se stabiliser à un très haut niveau" et que des mesures d'ordre génral en matière de fiscalité
n'apporteront pas "sur le moyen terme les résultats voulus."


Néanmoins, le président de l'Eurogroupe a souligné que les ministres allaient discuter de différentes propositions pour les catégories particulièrement touchées par la flambée du prix des carburants.


"Nous allons voir ensemble ce qu'ont fait les uns et ce que veulent faire les autres", a-t-il dit.


Jean-Claude Juncker a également redit son inquiétude face à la poussée de l'inflation.


Vendredi, Eurostat a annoncé que, selon des données préliminaires, le taux d'inflation dans la zone euro a rebondi à un plus haut historique de 3,6% en mai en rythme annuel.


"Ça m'inquiète beaucoup parce que ce sont ceux qui ont le moins de ressources qui sont le plus pénalisés par cette
inflation qui perdure à un niveau relativement très élevé", a dit Juncker.


Il a souligné que l'inflation était en Europe au niveau de 8% dans les années 80, de 4% dans les années 90 et, depuis qu'il y a l'euro,  de 2%.

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