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La venue gênante à Rome de Mugabe et d'Ahmadinejad

La venue du Zimbabwéen Mugabe au sommet de la FAO sur la sécurité alimentaire suscite de vives critiques. Le président iranien Ahmadinejad sera également présent. (Récit P. Robert)

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Le sommet mondial sur la sécurité alimentaire de la FAO qui s'ouvre mardi à Rome va offrir une tribune inespérée à deux chefs d'Etat controversés et isolés, l'Iranien Mahmoud Ahmadinejad et le Zimbabwéen Robert Mugabe, la présence de ce dernier suscitant les plus vives critiques.

Une cinquantaine de chefs d'Etat et de gouvernement vont participer aux travaux de la conférence organisée jusqu'à jeudi par l'agence des Nations unies pour l'agriculture et l'alimentation (FAO) et qui fait l'objet d'un important dispositif de sécurité.

L'annonce de la venue du président Mahmoud Ahmadinejad aux côtés de Nicolas Sarkozy (France), Luiz Inacio Lula da Silva (Brésil), Yasuo Fukuda (Japon) ou encore José Luiz Rodriguez Zapatero (Espagne), avait déjà provoqué l'embarras.

Le gouvernement italien, proche de Washington, s'était empressé de faire savoir qu'un tête à tête avec Silvio Berlusconi était exclu .

Le président iranien disposera d'une tribune à Rome alors que son pays se trouve sur le banc des accusés pour son programme nucléaire à Vienne avec la réunion de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).

La venue de Robert Mugabe, interdit de séjour dans l'Union européenne (UE), a été vivement dénoncée par Londres et Canberra.

"Il est particulièrement regrettable que (M. Mugabe) ait décidé de participer à cette réunion étant donné sa contribution aux difficultés liées à la situation alimentaire au Zimbabwe", a déclaré le porte-parole du Premier ministre britannique Gordon Brown.

Il a précisé que le ministre au Développement international Douglas Alexander, qui représentera Londres au sommet, "ne rencontrera évidemment pas" Robert Mugabe.

M. Mugabe a accédé au territoire italien grâce à une dérogation ponctuelle. Il s'agit de son premier voyage à l'étranger depuis les élections du 29 mars qui ont vu son régime essuyer un sérieux revers.

Le ministre australien des Affaires étrangères, Stephen Smith, a estimé "obscène" la présence du président zimbabwéen, le jugeant "responsable de la famine alimentaire dont souffre son peuple. C'est la personne qui a utilisé l'aide alimentaire à des fins politiques", a-t-il accusé.

"Ce n'est absolument pas légitime pour la population du Zimbabwe d'être représentée par un chef d'Etat qui a été désavoué par la communauté internationale", a déclaré à l'AFP Sergio Marelli, un des responsables du sommet parallèle (1-4 juin) à celui de la FAO, organisé par des ONG et des organisations d'agriculteurs.

Plusieurs associations et partis de gauche italiens ont appelé à une manifestation mardi devant la mairie de Rome contre la présence de MM. Ahmadinejad et Mugabe.

"Il est clair que ce ne sont pas des représentants de la +Ligue de la démocratie+ qui vont se réunir à la FAO", a résumé la vice-présidente du Sénat Emma Bonino (gauche). Le gouvernement italien n'a fait aucun commentaire lundi sur la présence de M. Mugabe.

Le secrétaire général de l'Onu Ban Ki-moon donnera le coup d'envoi du sommet mardi vers 07H00 GMT aux côtés du président italien Giorgio Napolitano et du directeur général de la FAO Jacques Diouf.

Il devrait dévoiler dans son discours un "plan d'action" contre la crise alimentaire, énonçant des principes d'action pour faire face à la flambée des prix, selon des sources diplomatiques.

Ce plan devrait être discuté au cours de la conférence par les 193 pays membres.

La crise alimentaire touche de plein fouet les pays les plus pauvres de la planète et a provoqué des émeutes en Afrique, dans les Caraïbes et en Asie.

Les biocarburants figureront parmi les sujets épineux abordés, tout comme la question des politiques commerciales soupçonnées d'aggraver la crise.

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