PORGY AND BESS

Le ghetto noir investit l'Opéra Comique de Paris

En 1935, en pleine ségrégation raciale aux Etats-Unis et 70 ans après la fin de l'esclavage, George Gershwin plante le décor de son opéra dans un ghetto noir : c'est le désormais célébrissime Porgy and Bess. (G. Martin et K. Chabour)

Publicité

Cest l'histoire de Porgy, l'infirme, Bess, la prostituée, et leurs amis, dans un ghetto noir de Charleston des années 30. Pauvreté, drogue et violence, la vie dans la Cité du Poisson-chat n'a rien d'un paradis. Pourtant, l'ambiance est à la fête et à la bonne humeur. Les hommes jouent aux dés. Et les femmes veillent sur leur enfant, en chantant. Le tout, orchestré par de jeunes musiciens de l'America orchestral academy.

Pour Wayne Marshall, le directeur musical, Porgy and Bess est un opéra, et non une comédie musicale. Un genre beaucoup plus travaillé musicalement, et qui mêle techniques orchestrales européennes, jazz américain et musique populaire. L'histoire est écrite en musique, avec une distribution exclusivement noire. Seule exception : les deux policiers, seuls personnages qui ne chantent pas.

Le récit est tragique. La mise en scène de la chorégraphe sud-africaine Robyn Orlin est classique et volontairement fidèle à l'auteur. Si le décor est sobre, c'est que la scène sert aussi d'écrans, où sont projetées des images d'habitants noirs de townships sud- africains, comme autant de nouveaux Porgy and Bess.

Un parti pris de mise en scène. Robyn Orlin souhaite ainsi refléter son subconscient... en donnant une autre version de Porgy and Bess. Une version contemporaine qui se joue en dehors de la scène, dans un autre endroit du monde.

Du ghetto à l'opéra, il n'y a qu'un pas. Gershwin l'a franchi, il y a plus de 70 ans. Robyn Orlin le franchit à son tour aujourd'hui. Entre temps, Porgy and Bess est devenu un classique du répertoire lyrique américain.
 

Le résumé de la semaineFrance 24 vous propose de revenir sur les actualités qui ont marqué la semaine