ETATS-UNIS - PRIMAIRES

Clinton a perdu, mais ne s’avoue pas vaincue

Maintenant que Barack Obama a mis le dernier point à son investiture par les Démocrates, chacun se pose la question : quelle est la prochaine étape pour Hillary Clinton ?

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Hillary Clinton a félicité Barack Obama pour sa "prestation extraordinaire" dans la course à l’investiture, mais jusqu’à présent elle n’a toujours pas reconnu la conclusion que tous ont déjà tirée : Obama a finalement gagné la course à la nomination démocrate.

Pour beaucoup, sa répugnance à admettre formellement sa défaite est lié à ses confidences à des journalistes mardi soir selon lesquelles elle "envisagerait" une vice-présidence dans l’équipe d’Obama. "C’est une femme fière", déclare Gauthier Rybinsky, spécialiste politique internationale à France 24. "Si elle a l’intention de viser la vice-présidence, elle voudra le faire en position de force. Elle voudra avant tout régler le problème de ses dettes de campagne et assurer la négociation de la vice-présidence avec Obama pour admettre ensuite sa défaite. Je suis absolument sûr qu’elle a déjà ouvert les négociations avec Obama". (Lisez l’article "l’équipe de rêve" d’Armen Georgien, spécialiste international à France 24).

Armen Georgian considère qu’avoir Hillary Clinton dans son équipe serait une bonne idée pour Obama. "La division actuelle du parti démocrate est très dangereuse", explique-t-il. "Les cols bleus, les femmes de sa génération et les Hispaniques veulent Hillary. Obama manque de soutien dans ces groupes. Hillary aiderait à rassembler les électeurs démocrates contre McCain".

McCain, le rival oublié

Après des mois d’hypermédiatisation des primaires démocrates, le candidat présumé des Républicains, John McCain, a prononcé un discours musclé mardi soir à Kenner en Louisiane. Il s’agit de l’un de ses discours les plus marquants de ces derniers mois. Selon lui, Obama propose un "mauvais changement" aux Etats-Unis. "J’ai quelques années de plus que mon adversaire, et je m’étonne que ce jeune homme défende tant d’idées fausses."

McCain a passé une bonne partie de son discours à prendre ses distances avec l’administration Bush, affirmant qu’il ne se présentait pas pour "un troisième mandat Bush". Il a rappelé toutes les fois où il a pris ses distances avec l’impopulaire président des Etats-Unis : "L’actuel gouvernement n’a pas reconnu la fin de la guerre froide, la révolution des technologies de l’information et les bouleversements de l’économie mondiale."

Nous sommes les meilleurs

Après avoir remporté le Montana et raflé les votes de plusieurs super-délégués jusque-là indécis, Obama a pu savourer sa victoire à 23h00 mardi. Le nombre de délégués qui le soutiennent atteint à présent 2 165, soit quelques délégués de plus que le chiffre requis (2 118) pour être assuré d’être nommé candidat démocrate à la présidence - d’après le décompte de RealClearPolitics.com. Traditionnellement, ce n’est qu’à la convention nationale démocrate, prévue en août, que le candidat démocrate est officiellement proclamé.

“Amérique, le moment est venu”, a déclaré Obama dans son discours de victoire mardi à Saint-Paul, dans le Minnesota. "Le moment est venu de tourner la page sur les politiques du passé", a-t-il déclaré, visant apparemment McCain, son rival républicain.

Loin d’être les derniers

Hillary Clinton, la sénatrice de l’Etat de New York, a elle aussi prononcé son discours mardi soir, à New York. Elle a assuré qu’elle ne prendrait "pas de décision ce soir". A l’arrivée, elle a gagné 1 923 délégués selon décompte du site Internet RealClearPolitics.

Depuis qu’elle a commencé à perdre du terrain face à Obama, en termes de nombre de délégués d’Etat, nombre qui détermine le futur candidat démocrate, Clinton tente de mettre l’accent sur le soutien populaire qu’elle a reçu pendant les primaires. Après sa victoire à la primaire de Porto Rico le 1er juin, elle exultait : "Plus de gens ont voté pour nous que pour aucun autre candidat dans l’histoire des primaires". Différents instituts de décompte indépendants placent l’un ou l’autre des deux démocrates en tête des votes populaires pendant les primaires. Mais, quoi qu’il en soit, c’est le choix des délégués qui compte.

Dans des propos similaires, Terry McAuliffe -le directeur de campagne de Hillary- aurait affirmé à un journaliste à l’annonce des résultats mardi : "ce soir, c’était la soirée de Hillary ! On a gagné le Dakota du Sud ! On n’arrête pas de gagner".

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