INDUSTRIE AUTOMOBILE

GM ferme ses usines de "trucks"

Pour faire face à l'effondrement des ventes sur le marché des 4x4, General Motors décide d'orienter sa gamme de production vers des modèles plus économes en carburant. Un choix qui entraîne la fermeture de quatre usines. (Récit : France 2)

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Le constructeur automobile General Motors a dévoilé mardi un virage stratégique pour faire face à l'effondrement des ventes sur le marché américain des véhicules 4x4 et "pick-up", trop gourmands en carburant, alors que la hausse des prix de l'énergie semble irréversible.

Le numéro un américain de l'automobile a présenté, peu avant l'ouverture de sa 100e assemblée générale des actionnaires, une franche réorientation de sa gamme vers les modèles compacts et économes en carburant. Cette décision entraînera la fermeture de quatre usines dédiées aux "trucks", ces gros véhicules tous-terrains bâtis sur des châssis de petits camions.

La direction a assuré "prendre les mesures nécessaires pour atténuer l'impact sur les employés" de ces fermetures, entre transferts d'effectifs et départs volontaires dans le cadre d'un guichet départ déjà ouvert.

GM prévoit que 18 de ses 19 prochains modèles mis sur le marché seront des "crossover", véhicules dotés d'une carrosserie de 4x4 et d'une plateforme de berline. Plus de 20 modèles hybrides, alliant motorisations électrique et traditionnelle, seront lancés d'ici 2012, a assuré le groupe.

Le constructeur a aussi promis pour 2010 l'arrivée chez les concessionnaires d'une voiture tout électrique, son vieux projet de Chevrolet Volt.

Le PDG Rick Wagoner a défendu devant les actionnaires un choix de raison.

"Depuis le début de l'année, l'économie et le marché automobiles américains sont devenus sensiblement plus difficiles", a-t-il expliqué. Avec des prix du pétrole qui ont doublé depuis un an et ont battu ces dernières semaines record après record, les choix des consommateurs changent rapidement, "et ce sont des changements qui vont devenir permanents", a relevé M. Wagoner.

Symbole de la rupture annoncée, GM étudie même la refonte de la gamme, voire la cession pure et simple de sa marque Hummer, archétype du 4x4 de luxe et l'un des modèles automobiles les plus goulus en carburant de la planète.

GM a fait état peu après d'une chute de 27,5% des ventes le mois dernier, pire encore que les -25% attendus par les analystes de Bank of America et en bien deçà des -11% attendus par les analystes pour l'ensemble du marché.

Ses ventes de "trucks" ont chuté de 36,7% (-60% pour les Hummer).

La plupart des analystes ont salué l'opportunité des mesures annoncées, alors que la Maison Blanche jugeait que GM "s'adaptait bien" aux changements du marché.

Pour GM, il s'agit d'un énième additif à la restructuration de fond engagée en 2005. L'annonce de mardi fait écho à la décision fin mai de son concurrent Ford de réduire sa production de gros véhicules, pour les mêmes raisons.

Déjà plus tôt cette année, GM avait intensifié ses efforts pour pouvoir tenir ses objectifs financiers malgré le ralentissement économique.

Si Ford avait reconnu fin mai qu'il ne pourrait tenir son objectif de retour à la rentabilité en 2009, GM s'est gardé mardi de commenter son propre calendrier. "La région Etats-Unis devrait assurément profiter de la restructuration et des nouveaux véhicules", a simplement dit M. Wagoner.

Ce dernier a aussi assuré que les économies de coûts - 1 milliard de dollars via les 4 usines fermées, en plus des 5 milliards du plan actuel d'économies - compenseraient les futures dépréciations d'actifs liées aux arrêts de production.

A la Bourse de New York, l'action GM cédait 0,29% à 17,38 dollars vers 18H20 GMT.

 

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