ETATS-UNIS - ISRAEL

Obama provoque la colère des Palestiniens

Les propos de Barack Obama, candidat démocrate à la présidentielle américaine qui a déclaré que "Jérusalem restera la capitale d'Israël et doit rester indivisible", ont provoqué la colère des Palestiniens.

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Les propos du candidat démocrate à la présidentielle américaine Barack Obama sur le caractère "indivisible" de Jérusalem ont provoqué mercredi la colère des Palestiniens et l'embarras du gouvernement américain.

"Jérusalem restera la capitale d'Israël et elle doit rester indivisible", a dit M. Obama à l'occasion de sa première intervention publique depuis qu'il a remporté l'investiture démocrate.

M. Obama, accusé par son adversaire républicain John McCain d'être "le candidat préféré du Hamas", a donné des gages de son engagement en faveur d'Israël devant les congressistes de l'AIPAC, le principal lobby pro-israélien aux Etats-Unis, réunis à Washington.

"Il n'y a pas de plus grande menace pour Israël et pour la paix et la stabilité dans la région que l'Iran", a estimé M. Obama. "Le danger iranien est grave et réel et mon but sera d'éliminer cette menace", a-t-il dit.

Se présentant comme un "vrai ami" d'Israël, M. Obama s'est félicité des "liens indestructibles" entre les Etats-Unis et Israël. "En tant que président je ne transigerai jamais quand la sécurité d'Israël sera en jeu", a-t-il dit, dénonçant ceux qui nient l'Holocauste, ceux qui veulent la destruction d'Israël ou encore ceux qui ne reconnaissent pas l'existence d'Israël.

"Il n'y pas de place à la table des négociations pour les organisations terroristes", a-t-il dit. "La sécurité d'Israël est sacro-sainte. Ce n'est pas négociable", a-t-il ajouté.

Ces propos et notamment la petite phrase sur Jérusalem ont provoqué une levée de boucliers parmi les responsables palestiniens.

"Nous rejetons ces propos. Jérusalem est l'un des dossier en cours de négociation. Tout le monde sait parfaitement que Jérusalem-est a été occupée en 1967 et nous n'accepterons pas un Etat sans Jérusalem, cela doit être clair", a affirmé le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas.

Le porte-parole du département d'Etat Sean McCormack a rappelé de son côté que pour Washington c'était aux parties en présence de régler la question du statut final de Jérusalem. "La question des frontières et du droit (des Palestiniens) au retour ainsi que tout un ensemble de questions politiques sensibles et importantes doivent être résolues par les deux parties", a dit le responsable américain.

Israël contrôle l'ouest de Jérusalem depuis 1950, et Jérusalem-Est depuis 1967. Le 30 juillet 1980, une "loi fondamentale" votée par le parlement israélien a proclamé Jérusalem "réunifiée et capitale éternelle d'Israël". Cette annexion n'a pas été reconnue par la communauté internationale. La quasi totalité des ambassades, y compris celle des Etats-Unis, sont installées à Tel-Aviv. Une loi datant de 1995 a prévu le déménagement de l'ambassade américaine vers Jérusalem mais ce transfert est sans cesse repoussé.

Les Palestiniens ambitionnent de faire de Jérusalem-est où vivent quelque 250.000 Palestiniens, la capitale de leur futur Etat dans le cadre d'un règlement permanent du conflit israélo-palestinien.

Dans la bande de Gaza, le Hamas, qui a pris le contrôle de ce territoire l'an dernier, a également critiqué le discours du candidat démocrate en estimant qu'il exprimait "l'hostilité" américaine envers les Arabes et les musulmans.

"Nous considérons que les déclarations d'Obama constituent une nouvelle preuve de l'hostilité des responsables américains envers les Arabes et les musulmans", a affirmé à l'AFP Sami Abou Zouhi, un porte-parole du Hamas qui a pris le pouvoir dans la bande de Gaza l'an dernier.

"Le discours d'Obama détruit tout espoir d'un changement dans la politique américaine sur le conflit arabo-israélien", a poursuivi le porte-parole.

Le négociateur palestinien Saëb Erakat a lui aussi dénoncé le candidat démocrate. "Ses propos sur Jérusalem remettent en cause les chances de parvenir à la paix", a affirmé à l'AFP le responsable, qui participe au nom de l'Autorité palestinienne aux négociations de paix avec Israël sous l'égide des Etats-Unis.

 

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