BELGIQUE

Les pêcheurs se heurtent à la police à Bruxelles

Face aux manifestations de centaines de pêcheurs italiens et français contre la hausse du prix du gazole, les autorités belges ont décidé de boucler le quartier européen de Bruxelles. (Récit: C. Bruneau et R. Martin)

Publicité

Les autorités belges ont bouclé mercredi le quartier européen de Bruxelles en raison d'une manifestation de quelques centaines de pêcheurs italiens et français protestant contre la hausse du prix du gazole.


"Bruxelles, tu nous crèves, merci", pouvait-on lire sur une banderole déployée par les manifestants, qui étaient venus de Normandie, de Bretagne, de Marseille, de Sète, mais aussi de nombreux ports italiens et de quelques ports portugais.


Même si leur nombre était faible - 300 à 400 personnes et presque autant de journalistes- , la décision de la police de boucler tous les accès au quartier européen a provoqué d'énormes embouteillages dans une bonne partie de la ville.


Les pêcheurs en colère, dont la manifestation n'avait pas été autorisée par les autorités bruxelloises, se sont rassemblés rue de la Loi derrière une herse dressée par la police, équipée de canons à eau pour protéger l'accès aux sièges de la Commission européenne et du Conseil des ministres de l'UE.


"Gazole trop cher", criaient-ils en brandissant des fumigènes avant d'entamer la Marseillaise, tandis que leurs collègues italiens réclamaient "du travail".


La manifestation a finalement été dispersée par les forces de l'ordre, qui ont fait usage d'auto-pompes et de gaz lacrymogènes. Quelques bâtiments européens ont subi des dégradations, notamment des vitres brisées.


Les pêcheurs français réclament une baisse de 40 centimes sur le prix du litre de gazole qui leur coûte aujourd'hui près du double en raison de la flambée des cours du pétrole.


Les manifestants réclament par ailleurs que la Commission européenne révise sa politique en autorisant les pays membres de l'Union à verser plus d'aides financières aux professions directement concernées par la hausse des prix des carburants.



La Commission sourde aux demandes


"Nous sommes ici car à chaque fois que l'on demande à notre gouvernement (...) il nous dit que c'est la faute de Bruxelles. Alors nous sommes venus à Bruxelles", a déclaré un pêcheur français à Reuters Television, Alain Rico.


"Il s'agit d'un problème qui concerne l'ensemble des pêcheurs européens alors nous sommes venus ici sous la signe de l'unité pour demander de l'aide à Bruxelles", a dit un pêcheur italien, Umberto Cogisnani.


Mais la réponse du haut fonctionnaire de la Commission européenne qui a reçu une délégation de pêcheurs à l'extérieur du bâtiment - le commissaire à la Pêche, Joe Borg, n'était pas à Bruxelles - n'a pas été à la hauteur de leurs attentes.


"La cause de cette crise, qui est le prix élevé du pétrole, est quelque chose avec laquelle nous devons tous vivre", a dit Patrick Tabone. "Nous devons accepter ces nouvelles réalités."


L'exécutif européen a rejeté l'idée de Nicolas Sarkozy de plafonner la TVA sur le gazole pour enrayer la hausse des prix, dans la mesure où cela va à l'encontre d'un accord passé à l'unanimité en 2005 par les ministres des Finances de l'UE.


Pour la Commission, qui s'apprête à proposer pour 2009 une nouvelle réduction des quotas de pêche pour éviter la surexploitation des mers et océans de l'Union européenne, l'autre problème est la surcapacité en termes de bateaux.


"Le message pour la pêche est qu'il y a un problème de coûts élevés à un moment où le secteur est dans une situation de surcapacité de la flotte", a ajouté Tabone sous les huées de la délégation, dont les membres ont crié: "Non, non!".

Le résumé de la semaineFrance 24 vous propose de revenir sur les actualités qui ont marqué la semaine