CHINE - TIANANMEN

La répression de Tiananmen commémorée discrètement

Les proches des victimes de Tiananmen commémorent avec discrétion la répression du mouvement démocratique de 1989. Des centaines de civils avaient été tués par l'armée lors de cette révolte.

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Lisez la retranscription de notre Entretien avec Liu Xiao Bo.

 
La Chine a renforcé la sécurité dans le centre de sa capitale, alors que des proches de victimes de Tiananmen commémoraient discrètement la répression du mouvement démocratique de 1989 mercredi, à 65 jours de l'ouverture des jeux Olympiques de Pékin.

Passé sous silence depuis 19 ans par les médias chinois, cet anniversaire entraîne aussi chaque année une pression accrue sur les dissidents pour empêcher des commémorations publiques.

Cette année, l'un d'eux, Chen Xi, qui habite dans le sud du pays, a ainsi été empêché d'embarquer à bord d'un avion pour se rendre à Pékin et y prendre part aux cérémonies, selon l'organisation Reporters sans frontières (RSF).

Sur la place Tiananmen, siège pendant six semaines, en 1989, des manifestations en faveur de la démocratie, policiers et membres des forces paramilitaires patrouillaient, tandis que des policiers en civil surveillaient les lieux, armés de caméras vidéos.

La place semblait principalement fréquentée par les nombreux touristes habituels, attirés par le mausolée de l'ancien président Mao Zedong, le siège du Parlement, ou l'entrée sud de la Cité interdite.

C'est aux alentours de la place, et mardi soir, que des membres du groupe des "Mères de Tiananmen", parents de victimes du 4 juin 1989, ont commémoré les événements.

Mercredi, plusieurs se sont aussi rendus dans un cimetière où sont enterrés certaines des victimes.

"Au fil du temps ce genre de rassemblement devient encore plus significatif", a estimé une figure des Mères de Tiananmen, Ding Zilin, 72 ans, qui a perdu en 1989 son fils de 17 ans, tué d'une balle dans le dos.

Depuis 19 ans, malgré le harcèlement des autorités, ce groupe se bat pour que la lumière soit faite sur le massacre par l'armée de centaines, voire de milliers de civils désarmés, sur la place et aux abords de cette vaste esplanade du centre de Pékin.

Des organisations de défense des droits de l'homme et des gouvernements lancent régulièrement des appels similaires.

Les Etats-Unis ont ainsi exhorté mardi la Chine à fournir un bilan complet du massacre, et à libérer tous les prisonniers détenus dans le cadre de ces événements.

"Il est plus que temps pour le gouvernement chinois de fournir le bilan le plus complet des milliers de tués, détenus ou disparus dans le massacre qui a suivi les manifestations", a déclaré le porte-parole du département d'Etat, Sean McCormack, en estimant que que 50 à 200 personnes seraient toujours détenues.

L'organisation Human Rights Watch a pour sa part estimé cette semaine que 130 personnes restent emprisonnées pour leur participation au mouvement de 1989.

Les autorités chinoises qui avaient justifié la répression par la nécessité de contrer une rébellion "contre-révolutionnaire", se refusent sytématiquement à toute révision des événements, qu'elles qualifient "d'incident".

Le 30 juin 1989, un rapport de la mairie de Pékin avait fait état de "dizaines de militaires morts, 6.000 membres des forces de l'ordre blessés, plus de 3.000 civils blessés et plus de 200 morts dont 36 étudiants".

Le rapport affirmait aussi que la plupart des civils morts étaient des "malfaisants".
 

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