CHINE - TIANANMEN

Surveillance renforcée pour l'anniversaire de Tiananmen

La place Tiananmen était sous haute surveillance pour le 19ème anniversaire de la répression du mouvement démocratique. Washington appelle Pékin à libérer les prisonniers politiques détenus depuis lors. (Récit : A. Etcheverry)

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Lisez la retranscription de notre Entretien avec Lu Xia Bao.


La place Tiananmen était sous surveillance renforcée mardi à la veille du 19e anniversaire de la répression du mouvement démocratique sur cette vaste esplanade du centre de Pékin et aux alentours.

Des cars de police circulaient sur la place, également occupée, comme à l'accoutumée, par de nombreux touristes attirés par le mausolée de l'ancien président Mao Zedong, le siège du Parlement, ou l'entrée sud de la Cité interdite, a constaté une journaliste de l'AFP.

Passé sous silence depuis 19 ans par les médias chinois, l'anniversaire de la sanglante répression prend, cette année, une dimension supplémentaire, intervenant à 66 jours de l'ouverture des jeux Olympiques de Pékin, pour lesquels la Chine s'était engagée à améliorer la situation des droits humains, rappellent régulièrement les organisations de défense des droits humains.

L'organisation Human Rights Watch, basée à New York, a ainsi une nouvelle fois appelé la Chine à remplir cet engagement, "en libérant les quelque 130 prisonniers de Tiananmen improprement arrêtés ou jugés".

HWR a par ailleurs dénoncé la tenue d'événements liés aux Jeux sur cette place symbolique, comme le départ de la torche en mars dernier.

"L'utilisation macabre par Pékin de la place pour sa fête olympique (...) ajoute l'insulte à la blessure", a estimé Sophie Richardson, sa responsable Asie.

Les autorités chinoises ont pour leur part repoussé mardi les pressions étrangères en matière de droits de l'Homme.

 "Nous sommes contre les doubles critères consistant à exercer des pressions au nom des droits humains pour interférer dans les affaires intérieures d'autres pays", a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, lors d'un point presse régulier.

"Quoi que les autres fassent ou disent (...), nous adhérerons à la voie du socialisme aux caractéristiques chinoises et à la promotion des droits humains en Chine", a ajouté Qin Gang.

Des centaines, peut-être des milliers, de manifestants non armés avaient été tués il y a 19 ans quand l'armée était intervenue pour mettre un terme au mouvement pro-démocratique commencé six semaines plus tôt.

La Chine avait justifié la répression par la nécessité de contrer une rébellion "contre-révolutionnaire".

Le 30 juin 1989, un rapport de la mairie de Pékin avait fait état de  "dizaines de militaires morts, 6.000 membres des forces de l'ordre blessés, plus de 3.000 civils blessés et plus de 200 morts dont 36 étudiants".

Le rapport affirmait aussi que la plupart des civils morts étaient des "malfaisants".

Qin Gang a réaffirmé mardi que les autorités ne réviseraient pas leur jugement sur les événements.

 "Concernant l'incident politique qui s'est produit à la fin des années 80, il y a déjà eu une conclusion claire", a-t-il dit, en refusant de faire de plus amples commentaires.
 

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