ZIMBABWE

Tsvangirai interpellé par la police puis libéré

A quelques semaines du second tour de l'élection présidentielle, le leader de l'opposition zimbabwéenne, Morgan Tsvangirai, a été interpellé par la police puis relâché le même jour. (Explications : C. Dumay depuis Le Cap)

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Alors que le président Mugabe se trouve à Rome, loin du Zimbabwe, pour le sommet de la FAO, la tension est encore montée d'un cran à Harare. Morgan Tsvangirai, président du parti d’opposition le Mouvement pour le changement démocratique (MDC), a été arrêté à un barrage routier dans le sud-ouest du pays. Il a été relâché le soir-même sans inculpation. Tsvangirai est en campagne pour le second tour de l’élection présidentielle, prévu le 27 juin.

"Ses meetings sont régulièrement empêchés par la police et par l’armée", explique Caroline Dumay, correspondante au Cap pour FRANCE 24. "Il avait fait une déclaration hier, dénonçant les conditions dans lesquelles il fait campagne, parlant de 'conditions d’un pays en guerre'. Et que partout où il allait, l’armée était passée avant lui. Il a répété que ces conditions étaient inacceptables."

Menaces et intimidations

Après six semaines passées à l'étranger - officiellement pour convaincre les gouvernements voisins de faire pression sur le président Mugabe pour qu'il se retire-, le chef de l’opposition est rentré au pays le 24 mai. En son absence, le régime avait laissé entendre qu'il pourrait inculper Tsvangirai pour "trahison", parce qu'il avait revendiqué la victoire avant l'annonce officielle des résultats du premier tour par la commission électorale du Zimbabwe. Ces résultats officiels ont crédité Tsvangirai de 47,9 % des suffrages.

Pour sa part, l'opposition accuse le régime d'avoir lancé une campagne d'intimidation pour influencer les électeurs avant le second tour. Le MDC assure que 58 de ses partisans ont été tués depuis fin mars. Le MDC accuse également les services de renseignements militaires de comploter pour assassiner son leader.

Libération de Mutambara

Ce n’est pas la première fois que Morgan Tsvangirai croise le fer avec la police et la justice du Zimbabwe. L’ancien leader syndical, a été arrêté à plusieurs reprises. En février 2002, juste avant la présidentielle, il avait déjà été accusé de "trahison" pour "complot" contre Mugabe. Encourant la peine de mort, il avait été acquitté en 2004. Il a été passé à tabac par les forces de l'ordre en mars 2007.

"Il y a un an, il avait été arrêté, battu et torturé, et avait fait la Une de tous les journaux internationaux", rappelle Caroline Dumay. "Il avait attiré l’attention sur le sort du Zimbabwe. Ce qui s’y passe est très inquiétant, à moins d’un mois du second tour de l’élection présidentielle."

Le gouvernement de Zimbabwe semble souffler le chaud et le froid ces derniers jours. Mardi, l'un des leaders de l'opposition zimbabwéenne, Arthur Mutambara, arrêté dimanche pour des écrits critiquant le président Robert Mugabe, a été remis en liberté sous caution par un tribunal de Harare.

Mugabe refuse toute intrusion internationale

De son côté, Robert Mugabe a repoussé une demande du secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, d'envoyer un émissaire spécial pour contrôler la préparation du second tour de l'élection présidentielle le 27 juin.

Le porte-parole américain Tom Casey a immédiatement réagi : "Je pense que le seul rôle utile qu'il puisse jouer est celui d'exemple de ce qu'il ne faut pas faire en termes de politique agricole et alimentaire. La situation tragique du Zimbabwe est en partie imputable à la politique ruineuse, pas seulement agricole mais aussi économique, mise en œuvre par le régime du président Mugabe."

Au lendemain des élections générales du 29 mars au Zimbabwe, perdues par le régime, les violences politiques se sont multipliées dans le pays. Les Nations unies imputent la majorité des attaques aux partisans du pouvoir.

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