AVIATION - ETATS-UNIS

United Airlines réduit sa flotte et son personnel

Face à la hausse du prix du carburant, la deuxième compagnie aérienne des Etats-Unis, United Airlines, va supprimer cent appareils et réduire ses effectifs de 1400 à 1600 postes, sur un total de 52 500 salariés.

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United Airlines, la deuxième compagnie aérienne américaine, a décidé de réduire sa voilure pour limiter les pertes provoquées par la hausse du carburant, en se débarrassant de cent appareils, desservant surtout sur ses lignes intérieures, déficitaires.

United a indiqué mercredi qu'elle allait retirer du service 94 Boeing 737 ainsi que de six Boeing 747, incluant 30 appareils dont le retrait a déjà été annoncé. Sa flotte se retrouvera réduite de 14%, passant de 735 avions fin mars à 635. Elle avait déjà été réduite de 14 avions en 2007.

Les B737 éliminés étaient les plus anciens de son parc et les plus gourmands en carburant. Sous réserve de l'accord de certains loueurs, la compagnie compte se débarrasser entièrement de ce type d'appareils monocouloirs, très utilisés par les compagnies du monde entier pour leurs liaisons court-courrier.

La facture de kérosène des compagnies aériennes a pratiquement doublé depuis un an, plongeant toutes les "majors" dans le rouge depuis six mois, alors qu'elles étaient à peine sortie du régime des faillites.

United estime que le prix du carburant génère dans ses comptes un trou de 3 milliards de dollars. La compagnie se dit persuadée de pouvoir y faire face d'ici 2009, pour peu que le reste de la profession prenne des mesures analogues.

Comme ses concurrentes, United veut surtout réduire la voilure aux Etats-Unis. D'ici fin 2009, ses capacités sur ses grandes lignes américaines diminueront de 17% à 18%. Mais elle réduira aussi de 4 à 5% ses capacités internationales, et sa capacité totale diminuera de 9% à 10%.

"Nous prenons des mesures supplémentaires, agressives, pour montrer notre décision de redimensionner notre activité pour s'adapter à la réalité actuelle du marché", a déclaré le PDG Glenn Tilton dans un communiqué.

La Bourse a bien accueilli la nouvelle: l'action UAL, maison mère d'United Airlines, montait de 5,90% à 8,98 dollars vers 15H00 GMT.

Les autres compagnies taillent aussi dans leur flotte et leur offre commerciale. American Airlines a annoncé une réduction de 12% ses capacités aux Etats-Unis, et Delta Air Lines une baisse de 11%, avec l'élimination de 90 appareils et de 3.000 emplois (5,5% de ses effectifs).

United a aussi décidé de fermer sa filiale à bas coûts déficitaire Ted, lancée en 2004 pour relier des villes américaines aux stations balnéaires.

La compagnie va en outre continuer à réduire ses effectifs, avec de 1.400 à 1.600 poste supprimés (dont 500 déjà annoncés), sur 52.500 salariés actuellement. Mais elle pourrait aller plus loin.

Ce plan d'austérité intervient mois d'une semaine après l'échec de négociations de fusions avec US Airways, à l'initiative d'United.

Avec ces nouvelles mesures, United espère maintenant limiter les dégâts, après deux trimestres dans le rouge et des perspectives encore plus sombres.

Pour l'instant, les compagnies américains n'ont pas réussi à compenser la hausse de la facture de kérosène, malgré les surcoûts imposés pour divers services (bagages supplémentaires, réservation, services à bord...).

Le mouvement de réduction des flottes aux Etats-Unis et de disparition des compagnies à bas coût pourrait permettre une hausse générale des tarifs, bienvenue pour leur finances. Mais pour les passagers aux Etats-Unis, il y aura nettement moins d'avions, plus remplis et plus chers.

Rien ne dit que cela suffira. Selon certains analystes, les compagnies aériennes américaines pourraient perdre, en cumulé, plus de 7,2 milliards de dollars cette année, un record.

La fédération internationale IATA estime que l'ensemble du secteur aérien mondial pourrait perdre 6 milliards de dollars cette année si le baril devait rester au dessus des 135 dollars.

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