SOMMET DE LA FAO

6,5 milliards de dollars promis au sommet de la FAO

La déclaration finale du sommet de la FAO appelle à une réduction de moitié des personnes souffrant de la faim d'ici 2015. Six milliards et demi de dollars ont été promis. (Correspondance : A. Masciarelli)

Publicité

Les pays membres de la FAO se sont engagés jeudi à réduire de moitié le nombre de personnes souffrant de la faim d'ici 2015 malgré la crise alimentaire, dans la déclaration finale du sommet de Rome jugée comme un texte à minima par plusieurs participants.

Le ministre italien des Affaires étrangères Franco Frattini a jugé la déclaration finale "décevante par rapport aux attentes" tandis que plusieurs pays dont Cuba, le Venezuela et l'Argentine ont exprimé des réserves sur le document.

Le sommet de Rome a aussi permis de recueillir plus de 6,5 milliards de dollars de promesses de dons pour lutter contre la faim et la pauvreté, a annoncé le directeur général de l'agence de l'ONU pour l'alimentation et l'agriculture Jacques Diouf.

La déclaration finale obtenue à l'arraché après d'âpres négociations réaffirme les conclusions des sommets sur l'alimentation de 1996 et 2002 "d'atteindre la sécurité alimentaire" et "de réduire de moitié le nombre de personnes sous-alimentées pour 2015 au plus tard".

Mardi, le directeur général de la FAO Jacques Diouf avait estimé qu'"avec les tendances observées (actuellement), cet objectif serait atteint en 2150 au lieu de 2015".

Environ 850 millions de personnes souffrent de malnutrition dans le monde et la crise actuelle met en danger 100 millions de personnes supplémentaires.

La déclaration souligne aussi que la nourriture "ne devrait pas être utilisée comme moyen de pression économique et politique".

Le sommet de la FAO encourage la communauté internationale "à poursuivre ses efforts en matière de libéralisation des échanges internationaux de produits agricoles en réduisant les obstacles au commerce, et les politiques qui sont à l'origine de distorsions des marchés".

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon avait dénoncé au premier jour du sommet mardi les politiques commerciales "qui appauvrissent" les autres pays.

"En adoptant cette déclaration, nous nous engageons à faire de la sécurité alimentaire une question permanente de politique nationale", proclame le texte.

"L'action concernant ces mesures donnera aux agriculteurs, en particulier dans les pays en développement, de nouvelles possibilités de vendre leurs produits sur les marchés mondiaux, et appuiera leurs efforts d'accroissement de la productivité et de la production", ajoutent les signataires.

A propos de la question épineuse des biocarburants, accusés d'être en partie responsable de la flambée des cours des denrées alimentaires, le sommet de la FAO appelle avec prudence à "des études approfondies" sur cette nouvelle forme d'énergie.

Les bioénergies ont été l'un des sujets qui ont dominé les trois jours de débats, les Etats-Unis et le Brésil, principaux producteurs mondiaux, les défendant avec acharnement.

Le sujet controversé de l'utilisation des OGM dans l'agriculture est absent du document final.

 

Le résumé de la semaineFrance 24 vous propose de revenir sur les actualités qui ont marqué la semaine