CRISE ALIMENTAIRE - FAO

La crise nécessite 15 à 20 milliards de dollars par an

Ban Ki-moon évalue, au sommet de la FAO, l'effort financier à près de 20 milliards de dollars pour résoudre la crise alimentaire, face à laquelle le monde ne peut pas "se permettre d'échouer". (Récit : M. Gaudin)

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Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a dramatisé mercredi l'enjeu du sommet de la FAO de Rome en déclarant que le monde ne pouvait pas "se permettre d'échouer" face à la crise alimentaire qui exigera un effort financier de 15 à 20 milliards de dollars par an.

La flambée des cours des denrées alimentaires (+ 53% au cours des 4 premiers mois de 2008 par rapport à la même période de 2007) touche de plein fouet les pays les plus pauvres et a provoqué des émeutes en Afrique, dans les Caraïbes et en Asie.

Le coordinateur de la cellule spéciale sur la crise alimentaire de l'ONU,  John Holmes, s'est voulu optimiste, en estimant qu'il existait un "large consensus" entre les pays sur les propositions pour répondre à la flambée des prix.

Une première version de ce "plan d'action" - aide aux petits agriculteurs en Afrique, levée des barrières commerciales, mesures de protection sociale - devrait être prête d'ici "fin juin", afin d'être présentée au G8 de juillet au Japon.

Le sommet de la FAO, qui a réuni une cinquantaine de chefs d'Etat et de gouvernement, doit se terminer jeudi par l'adoption d'une déclaration finale.

Selon un projet de document final dont l'AFP a obtenu une copie, la FAO s'engage à "utiliser tous les moyens à disposition pour soulager la crise actuelle, stimuler la production alimentaire et augmenter les investissements dans l'agriculture afin de parvenir à une production durable pour les générations présentes et futures".

Le secrétaire général de l'ONU a lancé un dernier appel à la mobilisation avant de quitter le sommet.

"On ne peut pas se permettre d'échouer. C'est une lutte qu'on ne peut pas se permettre de perdre, la faim crée l'instabilité, et nous devons réagir maintenant et tous ensemble", a-t-il souligné lors d'une conférence de presse conjointe avec le président de la Banque mondiale (BM) Robert Zoellick.

"Le plan d'action doit être mis en place de façon urgente, des millions de personnes attendent (...) On aura besoin de 15 à 20 milliards de dollars par an", a-t-il précisé.

Il faut que "le système commercial international fonctionne de façon efficace pour que davantage de denrées soient mises sur le marché et à des prix raisonnables", a-t-il expliqué.

Au deuxième jour du sommet, M. Zoellick a aussi stigmatisé les restrictions aux exportations qui "encouragent la flambée des prix et touchent les populations les plus pauvres".

Outre la levée des barrières commerciales, le plan d'action de la BM qui entend concentrer ses efforts sur les 20 pays "les plus vulnérables" prévoit la fourniture de semences et de fertilisants aux pays en développement.

Ce plan vise aussi à ce que "les prix élevés soit une opportunité pour développer" l'agriculture mondiale, a-t-il expliqué.

"Sans une action rapide, cette crise va détruire le potentiel de toute une génération (...). Ce n'est pas une catastrophe naturelle. Elle est créée par l'homme et doit être réglée par l'homme", a-t-il lancé.

Revenant sur le sujet longuement évoqué la veille des biocarburants, M. Ban a aussi souhaité plus de "recherche" sur cette forme d'énergie controversée, défendue avec vigueur par le Brésil et les Etats-Unis, afin de mesurer son impact sur les prix.

Trois agences des Nations unies, dont le Programme alimentaire mondial (PAM) et la FAO, ont par ailleurs annoncé un accord avec l'Alliance pour une révolution verte (AGRA) de Kofi Annan, ex-secrétaire général de l'ONU, pour stimuler la production des petits agriculteurs dans les "greniers à blé" du continent africain.

La Banque islamique de développement (BID) a annoncé un don d'1,5 milliard de dollars destiné à des programmes de distribution d'aide alimentaire aux pays les plus pauvres, tandis que le PAM a décidé de débloquer une enveloppe de 1,2 milliard de dollars pour lutter contre la crise.

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