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Pas de solution à court terme à la crise du pétrole

Alors que les mouvements de grogne contre l'envolée des prix du pétrole se multiplient en Europe, les gouvernements des Etats-membres et l'Union européenne tentent de trouver une solution à la crise. En vain. (Récit C. Massé)

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La colère des routiers, agriculteurs et pêcheurs ne s’apaise pas. Jeudi matin, le marché de gros de Rungis, à une vingtaine de kilomètres au sud de Paris, a été la cible du mécontentement des routiers. Une trentaine de camions ont ralenti l’accès au plus grand marché de produits frais du monde.

Une action parmi plusieurs autres en Europe, pour une seule et même raison : la flambée des prix du pétrole prend à la gorge les pêcheurs, agriculteurs et routiers européens. Depuis janvier 2008, le prix du fioul pour les bateaux a bondi d’environ 30 % en France. L’inflation, au sein de l’Union européenne, est passée à 3,6% en mai, soit une augmentation de 0,3% en un mois.

Dans un élan de solidarité européenne, plusieurs centaines de pêcheurs venant majoritairement de France et d’Italie ont manifesté mercredi à Bruxelles, devant les sièges de la Commission européenne et du Conseil européen.

"Le gouvernement a les mains liées sur les aides aux pêcheurs, c’est ici que ça se passe. Il faut trouver une solution européenne au prix du gazole", estime Madjid Bouyad-Agha, responsable d’une association de pêcheurs dans le sud de la France. Ses propos reflètent le sentiment général : la solution se trouve à Bruxelles.
 
Aucune décision de Bruxelles

Face au mouvement, les gouvernements des Etats-membres et des membres de la Commission européenne se sont réunis pour trouver une solution rapide à cette crise.

"Des solutions immédiates, il n’y en a guère", explique la porte-parole du commissaire européen à la pêche, Nathalie Charbonneau. "Nous prônons la restructuration du secteur, ce qui signifie concrètement une réduction de la taille de la flotte".

Réunis mercredi à Francfort, les ministres européens des Finances ont évoqué plusieurs pistes de réflexion.

L’Autriche a proposé une taxation sur les spéculations des matières premières, l’Italie une taxe sur les compagnies pétrolières.

Défendue par le président français Nicolas Sarkozy, l’idée de geler la TVA sur les produits pétroliers au-delà d’un certain montant a soulevé un concert de protestations.

"Il semble que le prix de l’essence restera au prix actuel", a déclaré Andrej Bajuk, ministre slovénien des Finances, qui présidait la réunion de Francfort. "Des mesures à court-terme sur les taxes ne résoudront pas ce problème qui provient de la flambée des prix du pétrole et des produits alimentaires. Et nous sommes tous d’accord sur ces points."

La marge de manœuvre des Etats-membres se trouve en effet limitée par l’accord de Manchester, signé en 2005, interdisant aux gouvernements de réagir à la hausse du pétrole en jouant sur les ressorts de la politique fiscale.

Les aides publiques sont très encadrées au sein de l’Union européenne, en particulier dans le secteur de la pêche, pour éviter toute distorsion de la concurrence entre les pays membres.

Les actions se multiplient en Europe

Partout en Europe, les actions se succèdent. Ce mouvement de grogne, entamé début mai par les marins-pêcheurs français, a peu à peu gagné l’Espagne, le Portugal, l’Italie… Puis s’est étendu à d’autres catégories professionnelles, comme les transporteurs routiers, agriculteurs etc...

En Espagne notamment, pays qui compte la flotte la plus importante d’Europe, les pêcheurs ont durci le ton en votant la poursuite d’une grève illimitée commencée il y a une semaine. Certains professionnels menacent de bloquer des ports en Galice (nord-ouest de l’Espagne).

En France, les professionnels de la route, les pêcheurs et les agriculteurs attendent la déclaration dans l’après-midi de Dominique Bussereau, secrétaire d’Etat chargé des transports. Les routiers prévoient une opération escargot sur un axe majeur en direction de Paris.

Les marins-pêcheurs portugais ont, eux, voté l’arrêt de leur grève, après six jours de protestation, ils ne quittent pas pour autant la table des négociations.

En l’absence d’une décision de Bruxelles, les  gouvernements français, espagnols, portugais et italiens, les pays d’Europe où l’industrie de la pêche est la plus importante, coordonnent leurs efforts. Des délégations doivent se rencontrer à Madrid cette semaine pour travailler sur une proposition commune, en vue du sommet européen les 19 et 20 juin à Luxembourg.
 

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