NIGERIA - PEROLE

Shell poussé à quitter le Delta du Niger

Le président nigérian a déclaré que "d'ici la fin de l'année, un autre opérateur va reprendre les intérêts de Shell Petroleum en Ogoniland", dans la région du Delta du Niger. Le groupe pétrolier dit ne pas en avoir été informé.

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Le président nigérian Umaru Yar'Adua a annoncé mercredi qu'un autre opérateur allait remplacer le groupe pétrolier anglo-néerlandais Shell d'ici la fin de l'année en Ogoniland, dans la région du Delta du Niger.

Le président nigérian, en visite officielle en Afrique du Sud, a déclaré à la communauté Nigériane au Cap que "d'ici la fin de l'année, un autre opérateur va reprendre les intérêts de Shell Petroleum en Ogoniland", selon un communiqué de la présidence.

Un porte-parole de Shell à affirmé à l'AFP que la société ne pouvait commenter cette décision dans la mesure où la société n'en avait pas été officiellement informée.

Umaru Yar'Adua a expliqué que cette décision était liée à "une totale perte de confiance entre Shell et la population Ogoni", et la principale raison pour laquelle "un autre opérateur acceptable pour les Ogonis" allait remplacer Shell.

"Personne ne profite d'une situation de conflit et d'impasse, et c'est donc la meilleure solution", a indiqué Yar'Adua cité dans le communiqué reçu par l'AFP, sans donner plus de précisions sur l'éventuel successeur de Shell.

Shell est le premier opérateur au Nigeria depuis 1956, année de la découverte du pétrole dans ce pays, huitième exportateur mondial de pétrole.

L'Ogoniland, une région du Delta du Niger dans le sud du Nigeria riche en pétrole et en gaz, est en proie à des violences civiles récurrentes, la communauté ogonie étant opposée à la présence des compagnies pétrolières étrangères -- particulièrement Shell --, accusées de détruire l'écosytème sans contrepartie financière pour la population.

Depuis deux ans particulièrement, le Nigeria perd environ un quart de sa production quotidienne à cause des sabotages et enlèvements d'expatriés et nigérians qui ponctuent la vie pétrolière dans le sud du pays.

En 2006 et 2007, estime l'association nationale des chambres de commerce, d'industrie, des mines et d'agriculture, le pays a perdu "un minimum de 500.000 barils par jour" et la production plafonne actuellement à 2 millions b/j.

Mercredi, le PDG du français Total, Christophe de Margerie, a affirmé se "poser des questions" sur la présence de son groupe au Nigeria, évoquant les risques pour son personnel et une possible explosion des prix du baril.

Victime principale des attaques et sabotages, Shell a perdu récemment sa position de premier producteur de pétrole au profit d'ExxonMobil, même s'il reste encore numéro un pour la combinaison gaz+pétrole.

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