ANJOUAN - FRANCE

Trois mois de prison avec sursis pour le colonel Bacar

Le colonel Mohammed Bacar, président déchu de l'île comorienne d'Anjouan, a été condamné à trois mois de prison avec sursis par la cour d'appel de la Réunion pour importation d'armes.

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Le colonel Mohammed Bacar, président déchu de l'île comorienne d'Anjouan et les hommes de sa garde rapprochée, ont été condamnés jeudi à trois mois de prison avec sursis par la cour d'appel de la Réunion pour importation d'armes, a-t-on appris de source judiciaire.

Le 29 mars dernier, le tribunal correctionnel de Saint-Denis avait annulé pour vice de forme la procédure engagée contre le colonel Bacar et les 22 hommes qui l'avaient accompagné dans sa fuite à Mayotte puis à la Réunion. Ils étaient poursuivis pour entrée irrégulière en France, détention, transport et importation d'armes. Le parquet avait fait appel de cette décision.

La cour d'appel a relaxé le colonel Bacar et ses hommes pour entrée irrégulière à Mayotte, invoquant des dispositions de la Convention de Genève. En revanche, tous ont été condamnés pour être entrés à Mayotte en possession d'armes, certains pour importation, d'autres pour détention. La cour a suivi les réquisitions de l'avocat général Michel Baud qui avait requis une peine de 3 mois avec sursis à l'encontre de chacun des prévenus.

Les avocats de la défense avaient plaidé la relaxe estimant que les armes qu'ils transportaient étaient destinées à assurer leur protection pendant leur fuite d'Anjouan et qu'ils les avaient remises à la gendarmerie dès leur arrivée à Mayotte.

Le 6 avril dernier, l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra) a rejeté une demande d'asile en France du colonel Bacar tout en excluant son renvoi aux Comores en raison des risques de persécution.

Depuis leur arrivée à la Réunion dans un avion de l'armée de l'air française, le 28 mars dernier, le colonel Bacar et ses hommes sont assignés à résidence dans une base militaire. La cour d'appel doit examiner jeudi une demande d'extradition déposée par l'Union des Comores, représentée par Me Jacques Vergès.

Mohamed Bacar, président d'Anjouan depuis mars 2002 mais dont la réélection en juin 2007 avait été jugée illégale par l'Union des Comores et l'Union africaine (UA) a été renversé fin mars par une opération militaire baptisée "Démocratie aux Comores" conduite par l'armée comorienne et des troupes mandatées par l'UA.

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