PETROLE - COURS

Le baril de pétrole dépasse les 138 dollars

Les cours du pétrole ont subi un bond sans précédent, avec une hausse de près de 11 dollars en une séance. Le baril a terminé la journée de vendredi à 138,54 dollars.

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Les cours du pétrole, en très forte hausse vendredi, ont volé de records en records pour dépasser les 138 dollars, à la faveur de la baisse du dollar, des tensions au Proche-Orient et d'une étude selon laquelle les cours pourraient atteindre 150 dollars dans moins d'un mois.

 

Peu avant 18h30 GMT, le baril de brut léger américain se traitait en hausse de plus de dix dollars à 138,40 dollars dans un marché très animé, après avoir dépassé un moment la barre des 139 dollars (139,01 dollars).

 

Ce bond de près de 11 dollars en une séance est le plus fort jamais enregistré depuis que ce marché existe.

 

Le précédent record du WTI (West Texas Intermediate), à 135,09 dollars, remontait au 22 mai.

 

L'or noir avait ensuite fait l'objet de prises de bénéfice ces 15 derniers jours, les investisseurs anticipant une répercussions de la flambée des prix sur la demande.

 

Et puis le dollar, devise dans laquelle se négocie le pétrole, s'est affaibli jeudi après les propos du président de la Banque centrale européenne Jean-Claude Trichet laissant entrevoir une hausse du loyer de l'argent dans la zone euro dès juillet. Les cours de l'or noir sont repartis à la hausse.

 

La remontée s'est accentuée vendredi après l'annonce d'un taux de chômage en forte hausse aux Etats-Unis au mois de mai, à 5,5%, son niveau le plus élevé depuis octobre 2004. Il était de 5% en avril. L'économie américaine a détruit 49.000 emplois en mai.

 

En outre, selon la banque d'affaires Morgan Stanley, le brut américain pourrait atteindre 150 dollars le baril d'ici au 4 juillet, fête nationale des États-Unis. L'Independence Day est habituellement marqué par d'importants déplacements automobiles.

 

 

ATTAQUE ISRAELIENNE CONTRE L'IRAN ?

 

Ont également avivé la tension, les propos du ministre israélien des Transports estimant "inévitable" une attaque d'Israël contre des sites nucléaires iraniens compte tenu de l'échec apparent des sanctions visant à empêcher Téhéran de fabriquer à terme l'arme atomique.

 

"Attaquer l'Iran pour donner un coup d'arrêt à ses projets nucléaires sera inévitable", a déclaré l'ancien chef d'état-major de Tsahal et ancien ministre de la Défense dans un entretien publié vendredi par le quotidien Yedioth Aharonoth.


"Inexplicable", "renversant" : certains observateurs des marchés semblaient bien en peine d'expliquer totalement ce brusque accès de fièvre.

 

Pour Judith Dwarkin, économiste chez Ross Smith Energy Group, à Calgary, cette flambée est "inexplicable", alors que selon elle, la demande est en baisse aux Etats-Unis.


"Les anticipations optimistes et le maintien des prix aux niveaux actuels dépendront de plus en plus d'un maintien de la hausse de la demande en provenance des pays hors de l'OCDE. Et cela dépendra de plus en plus des subventions aux prix de détail que les gouvernements paient dans ces pays émergents", a-t-elle déclaré.

 

Pour Mike Zarembski, analyste matières premières chez Optionsxpress à Chicago, la flambée des cours s'explique par le fait que la demande des pays asiatiques "ne ralentira peut-être pas aussi vite que certains l'auraient pensé".
Selon lui, "les traders et les spéculateurs et plus particulièrement les 'hedgers' cherchent à voir jusqu'où ils pourront faire monter le marché".

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