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Les élections de la terreur au Zimbabwe

La campagne électorale pour le second tour est devenue une campagne de terreur menée par les partisans du parti au pouvoir. Les enseignants, agents électoraux, en sont les principales victimes. (Reportage : C. Dumay)

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Les violences qui ont suivi les élections zimbabwéennes ont détruit la vie de centaines de personnes liées de près ou de loin à l'opposition. Les agents électoraux, le plus souvent des enseignants, ainsi que les observateurs bénévoles sont la cible des partisans de Robert Mugabe.

 

Six cents enseignants ont été hospitalisés. Parmi eux, cet instituteur qui a été attaqué par une cinquantaine de jeunes du parti au pouvoir, le ZANU-PF de Robert Mugabe. Il a été frappé à coup de barres de fer. Son seul crime est d’avoir, lors des élections générales du 29 mars, présidé un bureau de vote où l’opposition a gagné. Il est accusé d'avoir triché. "Franchement c'est la fin de ma carrière, je ne veux plus enseigner; j'irai faire autre chose", raconte l’ancien agent électoral traumatisé.

 

Lors du premier tour du scrutin, les agents électoraux étaient essentiellement des enseignants. Ils sont près de 2000 instituteurs à avoir préféré abandonner les écoles pour éviter les violences post-électorales. Pour les syndicats de l'éducation au Zimbabwe, la situation est dramatique : "La violence continue dans les écoles, constate Raymond Majongwe, Progressive Teachers' Union of Zimbabwe. Tous les jours, nous recevons des informations selon lesquelles entre 20 et 30 écoles sont obligées de fermer".


"C'est comme envoyer nos observateurs à la mort"


Au-delà des enseignants, les observateurs ont également été inquiétés. La police a perquisitionné dans les locaux d’une association, la Zimbabwe Election Support Network. Il sera dorénavant difficile de convaincre les 8000 volontaires qui supervisaient le premier tour de participer au second tour.  

 

"Ce n'est pas très responsable de notre part de demander à nos observateurs de surveiller ces élections, commente Noel Kutukwa, président de l’association. C'est comme les envoyer à la mort. On les expose à d'autres actes de violence après ces élections".

Les agents électoraux ont peur. Les observateurs locaux aussi. La question est de savoir si des élections sont réellement possibles dans un pays où tout le monde se sent menacé.

 

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