EXCLUSIF - COTE D'IVOIRE

Entretien avec le président Laurent Gbagbo

Dans une interview exclusive accordée à FRANCE 24, Laurent Gbagbo, président de Côte d’Ivoire, s'explique sur la prochaine élection présidentielle, les relations franco-ivoiriennes et la disparition du journaliste Guy-André Kieffer.

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Devenu président en 2000, Laurent Gbagbo est toujours à la tête de la Côte d’Ivoire bien que son mandat se soit en théorie achevé en 2005. A partir de 2002-2003, le pays a été plongé dans le chaos et a été coupé en deux. A plusieurs reprises, l'organisation d'une élection présidentielle a échoué. Laurent Gbagbo assure sur FRANCE 24 que le scrutin se tiendra en novembre.
 
"C'est le 30 novembre 2008. Je souhaite même qu'elles aient lieu avant. Si je peux être amené à prendre un autre décret pour fixer une date avant, je le ferai volontiers."

Refusant de déclarer fermement sa candidature à cette élection, Laurent Gbagbo le sous-entend, notamment en se comparant implicitement à Churchill.

Churchill "a été la fierté de toute l'Europe de l'Ouest (…). Pourtant, il a été battu. Donc on peut être battu aussi."

De la Françafrique aux relations franco-africaines

Depuis des années, les relations franco-ivoiriennes sont houleuses. Aujourd’hui, selon le président Gbagbo, les rapports entre les deux pays se sont nettement améliorés.

"Les relations sont aujourd'hui bonnes, sont mille fois meilleures qu'au temps de Jacques Chirac. Je crois que, dans ces relations entre la France et la Côte d'Ivoire, quelque chose a joué un rôle très important - c'est le discours que Nicolas Sarkozy a prononcé au Cap. (…) En remettant en cause les accords de défense signés en 1961, Nicolas Sarkozy ouvrait la voie à la normalisation de la France et des Etats africains."

Dans son discours du Cap, en Afrique du Sud le 26 février dernier, le président français Nicolas Sarkozy, donnant une nouvelle impulsion aux rapports entre le continent africain et la France, a notamment annoncé la fermeture de plusieurs bases militaires françaises en Afrique.

La disparition de Guy-André Kieffer, une affaire "ordinaire"

Interrogé sur la disparition, le 16 avril 2004, du Franco-canadien Guy-André Kieffer, Laurent Gbagbo nie toute implication. Le journaliste enquêtait sur la gestion de la filière cacao et soupçonnait des détournements d’argent impliquant le pouvoir.

"Guy-André Kieffer a disparu. Nous avons fait les recherches comme nous avons pu. Nous avons fait beaucoup de recherches."

Il assure également ne pas entraver le travail de la justice : le juge"entre en Côte d'Ivoire quand il veut, il sort quand il veut. J'apprends qu'il est sorti, entré. C'est son affaire. Ce n'est plus la mienne".

Le juge Ramaël, chargé du dossier, s’est en effet rendu à plusieurs reprises en Côte d’Ivoire mais s’est cependant heurté à beaucoup de difficultés pour s’entretenir avec certaines personnes qu’il voulait rencontrer.

Il ferme le chapitre en minimisant l'affaire.

"Il ne faut pas chercher à politiser une affaire qui est ordinaire."

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