Accéder au contenu principal

Le sort de l’UE est entre les mains des Irlandais

Le 12 juin, l’Irlande organise un référendum sur le Traité de Lisbonne. Bien que la majorité des partis soutiennent le texte, une victoire du "non" ne peut être exclue. (Récit : J. Fanciulli)

Publicité

Découvrez les trois articles de FRANCE 24 sur le référendum en Irlande :
 

1. Le sort de l’UE est entre les mains des Irlandais (lire ci-dessous)
2. L'économie pèse lourdement sur le référendum irlandais
3. Les paysans troquent leur oui contre un accord favorable avec l’OMC


Le 12 juin, l’Europe aura le regard braqué sur l’Irlande, seul pays à organiser un référendum sur le Traité européen de Lisbonne, la version "simplifiée" de la Constitution européenne rejetée en 2005 par les Français et les Néerlandais.

 

Si les trois millions d’Irlandais appelés à voter venaient à trancher en faveur du "non", cela reviendrait à signer l’arrêt de mort du traité et constituerait une énorme défaite pour ses promoteurs, notamment le président français Nicolas Sarkozy.

 

"Le Traité de Lisbonne confronté au rejet : selon la dernière enquête, le vote pour le 'non' a doublé", prévient le Irish Times. Dans le sondage, publié le 6 juin par le quotidien irlandais, il apparaît que les électeurs en faveur du "non" auraient doublé en trois semaines seulement. L’enquête crédite désormais le "non" de 35 % des intentions de vote, contre 30 % pour le "oui". 28 % des personnes interrogées restent indécises et 7 % disent qu'elles n'iront pas voter.

 

Des inquiétudes sur la souveraineté de l’Irlande, notamment concernant les impôts, la neutralité militaire ainsi que la Politique agricole commune (PAC), ont alimenté le scepticisme vis-à-vis du traité.

 
“Le meilleur accord que l’on pouvait trouver”

 
Le parti au pouvoir, le Fianna Fail, s’est empressé de soutenir le "oui" après un changement de gouvernement intempestif le 7 mai dernier. Brian Cowen, le nouveau "Taoiseach" (Premier ministre), a déclaré le 22 mai que le "oui" était dans "l'intérêt national vital" de l'Irlande. "Je suis satisfait. Le Traité de Lisbonne est le meilleur accord que l’on pouvait trouver", a-t-il précisé. Il a  ensuite ajouté qu’il "[n’envisageait] pas" l’hypothèse d’une victoire du "non".

 

La quasi-totalité des partis représentés au Parlement, qu’ils appartiennent à la majorité ou à l’opposition, soutiennent le "oui". Le seul parti siégeant au Parlement à s’opposer au traité est le Sinn Fein, le parti nationaliste de gauche militant pour la réunification de l’Irlande.

 

Les analystes s’accordent sur le fait qu’une participation importante serait un gage de victoire du “oui”. Dans les précédents référendums irlandais, les opposants aux traités européens se sont appuyés sur un noyau dur de partisans "nonistes" qui se déplacent pour voter, alors que le camp du "oui" a besoin du soutien d’électeurs moins mobilisés qui ne se manifestent que lorsque la participation est élevée.

 

Mais “la dangereuse mésinformation du public” sur le traité est une menace pour le camp du “oui”, a analysé Richard Sinnott, professeur de science politique au University College Dublin (UCD), dans les colonnes du Irish Times. "Les électeurs qui ne le comprennent pas sont davantage susceptibles de se déplacer pour dire "non"", a-t-il ajouté.

 

En 2001, les électeurs irlandais avaient rejeté un autre traité européen controversé, le Traité de Nice, avec une victoire du "non" sans appel de 54 %, avant de le ratifier dans un second référendum l’année suivante. Aujourd’hui, pour Richard Sinnott, "l’opinion publique ressemble aujourd'hui davantage à celle de Nice 1 que de Nice 2".

 

Mais cette fois-ci, les électeurs n’auront vraisemblablement pas de seconde chance. "Pour Nice, il y avait une marge pour renégocier”, a déclaré à FRANCE 24 Dianne Parke, professeure de politique européenne à l’UCD, en référence aux aménagements tels que la signature du protocole exemptant Dublin de participer aux activités militaires de l’UE. "Mais cette fois, 27 Etats-membres se sont mis d’accord sur un texte, et l’Irlande s’est déjà désengagée de toute activité controversée", a-t-elle ajouté.

 
Ralliement au "non" de puissantes associations


Le camp du "non" a entamé sa campagne plus tôt que les partis politiques établis et a, de surcroît, reçu l’appui de groupes non partisans, tels que Libertas, un think tank créé par un homme d’affaires en vue, Declan J. Ganley.

 

La puissante Association des fermiers irlandais, qui avait d’abord soutenu le traité pour ensuite changer de camp en protestation contre l’orientation des négociations sur l’agriculture à l’OMC, a rejoint de nouveau le camp du "oui" le 3 juin après de longs débats internes.


"Il y a deux mois, il n’y avait que des affiches pour le 'non' dans les rues, la plupart de Libertas", a affirmé Panke. "Mais au cours des deux dernières semaines, tous les partis sont entrés dans la campagne." Il ne leur reste plus désormais que quelques jours pour convaincre les électeurs irlandais.

Le résumé de la semaineFrance 24 vous propose de revenir sur les actualités qui ont marqué la semaine

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.